Né le 20 janvier 1914 à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine), fusillé comme otage le 20 septembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ouvrier métallurgiste ; résistant communiste de Gentilly (Seine, Val-de-Marne).

Maison de René Anjolvy à Gentilly
Fils de Marie Massing, sans profession, et déclaré sous le nom de René Massing à l’état civil, il fut légitimé par le mariage de Charles Anjolvy avec sa mère en mars 1915. Il vécut jusqu’à l’âge de treize ans à Céaux-d’Allègre (Haute-Loire). Domicilié à Gentilly, ajusteur à l’entreprise Chaise (rue Brillat-Savarin), il quitta cette entreprise en 1934 pour faire son service militaire à Reims dans la 2e Escadrille d’aviation lourde de défense. Libéré il s’enthousiasma pour l’aviation et rejoignit en octobre 1936 le club d’aviation Les vieilles tiges. Il obtint son brevet de pilote. Il adhéra en 1937 à la section des officiers de réserve de Gentilly.
Membre du Parti communiste depuis 1937, René Anjolvy était secrétaire à l’organisation de la section communiste du XIIIe arrondissement de Paris en 1939. Mobilisé à la Compagnie de l’Air, placé en affectation spéciale chez Chaise jusqu’en juillet 1940, il travailla ensuite, comme tourneur, à la précision moderne dans le XVe arr. Il fut un des soixante militants qui reconstituèrent la section communiste du XIIIe arr..
La direction régionale le nomma à d’autres fonctions au début de l’année 1941 et il devint un des responsables communistes parisiens chargés en particulier des XIIIe, XIVe et XVe arrondissements. René Anjolvy fut arrêté le 3 septembre 1941 au cours d’une distribution de tracts à la sortie des usines Renault. Il avait participé auparavant à plusieurs actions : incendie d’un dépôt d’essence situé dans les réserves des magasins des Galeries Lafayette à Arcueil (Seine, Val-de-Marne) en janvier 1941, sabotage de quinze camions Panhard garés sur le boulevard Masséna en février, attaque de quatre militaires allemands boulevard Jourdan (un Allemand tué et quatre revolvers récupérés), attaque et destruction des permanences du Rassemblement national populaire (RNP) place d’Italie et avenue des Gobelins en mai, présentation d’un drapeau tricolore à Croix de Lorraine au parc Montsouris, le 14 juillet.
Lors de son arrestation, il était domicilié 31 rue Lecoq à Gentilly. Après l’assassinat le 16 septembre 1941 d’un capitaine de l’armée allemande, boulevard de Strasbourg, les autorités d’occupation firent fusiller le 20 septembre, douze otages – Georges Pitard, Antoine Hajje, Adrien Nain, Michelis Rolnikas, Roger Peyrat, Victor Marchal, René Anjolvy, François Herpin, Pierre Guignois, Georges Masset, Daniel Loubier, Maurice Peureux, pour moitié des communistes (au moins six, un socialiste, quatre sans lien avec un courant, un droit commun). Une rue de Gentilly porte son nom (ancienne rue Robine) depuis octobre 1944 et une cellule communiste de la commune portait son nom en 1980.
Sa mère, née Marie Massing le 4 novembre 1887, ménagère industrielle puis sans profession, fut élue conseillère municipale de Gentilly le 29 avril 1945 sous l’étiquette « mère de fusillé ». Elle fut réélue le 19 octobre 1947 comme communiste mais cessa ses fonctions le 18 mai 1951 en raison de son état de santé. Elle avait été élue au premier tour le 29 avril 1945 et le 19 octobre 1947.
Sources

SOURCES : Dossier au secrétariat d’État aux Anciens Combattants, en particulier attestation d’Henri Guilbert, alias Michel, ancien responsable régional FTP région P5, datée du 13 mars 1957. – Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2 426. – Arch. com. Gentilly, 174 AE. – Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, Éd. Sociales, 1969, p. 109. – Madeleine Fernandez, Le Nom de nos rues, deuxième partie, SGH, Gentilly, juin 2002. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, Paris, 1979. – Le XIIIe arrondissement de Paris du Front populaire à la Libération, Paris, 1977, p. 78, 94, 113-114, 137-138, 225.— Serge Boucheny, Les parisiens en Résistance. Paris 13e, Geai Bleu éditions-CRIS, 2013.

Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier

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