Né le 27 mars 1908 à L’Arbresle (Rhône), exécuté le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans (Ain) ; ébéniste ; dirigeant de la CGTU et de la CGT après 1936 dans le Rhône ; communiste ; résistant ; commissaire aux effectifs des FTP de la zone sud.

Francisque Jomard était le dernier né d’une famille de quatre enfants. Son père boulanger lors de la naissance de Claudius, était secrétaire de mairie lors de la naissance de Francisque et plus tard archiviste à l’office départemental du Rhône.
À l’issue de ses études primaires à l’Arbesle, il apprit le métier d’ébéniste et se fixa à Oullins (Rhône) où il vécut avec sa mère, femme de service à l’hospice du Perron à Pierre Bénite et son frère, Claudius, successivement rue Parmentier et chemin des Merlus (devenu rue F. Jomard). Il entra dans la vie active le 1er octobre 1923. A la suite de son incorporation en novembre 1928 au 35e régiment d’aviation, il contracta la typhoïde et fur réformé temporaire en février 1929. Son dernier employeur fut la maison Caruel et Dupuis de Lyon.
Il adhéra à la CGTU en 1934 et au Parti communiste en mai 1936. Il accéda à des responsabilités locales sur le plan syndical et, en 1936, devint secrétaire de l’Union syndicale régionale Bois et Ameublement CGT.
À cette époque, avec Georges Lyvet* et Pierre Oppizi, il fonda " l’Alpina club " qui devint, en 1938 " Les Amis de la nature ", organisation sportive d’inspiration syndicale et populaire. Réformé définitif, il ne fut pas mobilisé en 1939 mais, le 23 octobre de cette année, il fit partie du groupe de syndicalistes et de communistes arrêtés et internés successivement au fort du Paillet à Dardilly (Rhône), puis au fort Barreaux près de Grenoble. Enrégimenté ensuite dans la compagnie spéciale de Roybon, il réintégra en 1940 le fort Barreaux d’où il s’évada le 2 septembre 1940.
Entré dans la clandestinité, il anima l’action syndicale clandestine et fut l’un des organisateurs de la grève des mineurs de la Loire en 1942. Instructeur à Marseille en 1943, il devint, sous le nom de colonel Valbonne, commissaire aux effectifs des FTPF de la zone sud en septembre 1943.
Il fut arrêté le 14 mai 1944 avec son frère et son agent de liaison, Françoise Rosellini alias Josette, à Millery (Rhône). Son frère fut déporté, Françoise Rosellini, née le 18 juin 1915, fut elle aussi déportée le 14 juillet 1944, elle est revenue de déportation. Francisque Jomard fut interrogé par les Allemands puis interné au fort Montluc à Lyon.
Le 16 juin 1944, à vingt heures, il fut tiré de la cellule qu’il occupait et, avec vingt-neuf autres détenus il fut embarqué dans un camion allemand. Par le récit d’un des deux rescapés survivant du massacre, Charles Perrin (alias commandant Vauban) avec qui il était enchaîné, on sait qu’il avait compris très vite le sort qui l’attendait : " Les copains verront [le jour de la Libération] et nous vengeront ", telles ont été les dernières paroles qu’il a lancées à son compagnon avant de s’écrouler sous une rafale de mitraillette. " J’aperçois devant moi, de mon oeil gauche, continue Charles Perrin, un petit espace où, sur l’herbe verte, s’agite frénétiquement la main droite de Valbonne qui n’a pas été tué sur le coup et qui râle sans arrêt. "
Sources

SOURCES : RGASPI 4952703885 (autobiographie de mars 1938) —Arch. syndicales de l’UD-CGT du Rhône.— Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, Editions BGA Permezel, 2003.— Témoignages de F. Cuissard et de sa soeur Madame Chalaye.- Site Genweb.— Etat civil.
ICONOGRAPHIE : Site Genweb, Saint-Didier-de-Formans.

Jean-Pierre Besse, Maurice Moissonnier

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