Né le 4 septembre 1891 à Douarnenez (Finistère), fusillé comme otage le 22 octobre 1941 à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; employé des Ponts et Chaussées, marin ; militant communiste de Douarnenez puis de Basse-Indre.

Plaque à Châteaubriant
Eugène Kérivel
Collection Dominique Bloyet
Fils de Henri Kérivel, marin, et de Marie Anne Quéau, ménagère, Eugène Kérivel, capitaine côtier dans le service des Ponts et Chaussées, s’était marié le 6 avril 1920 dans sa ville natale avec Léoncie Le Doaré. Il militait, dès 1930, au Parti communiste et à la CGTU dans sa ville natale. Peu avant la guerre il fut muté à Basse-Indre, près de Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), où il était domicilié 8 quai Jeanne d’Arc. Il participa avec sa femme à la constitution du Parti communiste clandestin et organisa la résistance locale. Il fut arrêté le 24 juillet 1941 à Saint-Nazaire, pour propagande antinazie et diffusion de tracts. Il fut un des premiers internés politiques du camp de Châteaubriant (camp de Choisel) et fit partie, le 22 octobre 1941, des « vingt-sept fusillés » comme otage, en représailles à l’exécution du commandant Karl Hotz à Nantes, du 22 octobre 1942.
Sa femme, qui avait été arrêtée quatre jours avant lui, le vit partir pour le poteau d’exécution et proposa aux Allemands de mourir aux côtés de son mari à la place de Guy Môquet. On le lui refusa et elle fut déportée en Allemagne. En 1945, elle revint à Douarnenez, fut désignée comme membre du comité local de Libération et devint adjointe au maire après les élections de mars 1945. Elle mourut le 24 septembre 1976 à Nantes.
Le nom d’ Eugène Kérivel figure à Châteaubriant sur le Mémorial de la « Carrière des Fusillés » , à Indre sur le monument aux morts, à Nantes sur le monument commémoratif des 50 otages, à Bagneux sur la stèle "aux 27 héros fusillés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant" et à Montreuil sur le Monument des Martyrs -.
Léoncie,
Un dernier mot. C’est à toi que je pense. J’espère que tu sauras te débrouiller.
J’ai vu que tu étais courageuse. Je m’en vais avec moins de regret...

La lettre a été censurée par ses geôliers allemands qui ont coupé la feuille.
Sources

SOURCES : Lettres des fusillés de Châteaubriant, éditées par l’Amicale des anciens internés patriotes de Châteaubriant-Voves, 1954, 80 p. – Fernand Grenier, Ceux de Châteaubriant, préface de Jean Marcenac, 3e éd., Paris, Éd. Sociales, 1967, 238 p. – Eugène Kerbaul, Militants du Finistère, op. cit..— MemorialGenweb.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Fernand Grenier*, Ceux de Châteaubriant, op. cit., p. 92-93. — Lettres des fusillés de Châteaubriant, op. cit. — Alain Guérin, La Résistance, chronique illustrée, 1930-1950, Paris, 1972-1976, t. 3, p. 297.

Claude Pennetier

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