Né le 20 décembre 1910 à Bulat-Pestivien (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), fusillé le 17 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; tourneur ajusteur ; militant communiste de la région parisienne.

Yves Kermen
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Yves Kermen était un des douze enfants d’un petit paysan breton. Il fréquenta l’école primaire pendant sept ans. Il parlait breton et français. À partir de l’âge de quatorze ans, il effectua divers métiers : chez un petit garagiste à Callac (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), cantonnier aux chemins de fer dans le Pas-de-Calais, ouvrier aux mines de Bruay, aide tourneur dans une distillerie à Béthune, puis à nouveau dans des garages à Guingamp (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) avant d’effectuer son service militaire en septembre 1930. Il était déjà marié et père d’un enfant. Libéré de son service militaire, il travailla dans une distillerie dans le Calvados puis comme mécanicien de camions chez un marchand de bestiaux en Bretagne.
En novembre 1932, il entra comme mécanicien à la distillerie de la Neuvillette à Fay-les-Étangs dans l’Oise d’où il fut renvoyé en raison de ses activités politiques en août 1935. Ce fut durant son séjour dans l’Oise qu’il adhéra au Parti communiste. En octobre 1935, il entra chez Renault à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) comme mécanicien ajusteur et devint très rapidement l’un des responsables syndicaux de l’entreprise et le secrétaire permanent de la section CGT de Renault-Billancourt. En juin 1936, il fut membre du comité central de grève et membre du bureau de ce comité. Selon le témoignage de sa sœur, il habitait dans le XVIIIe arrondissement mais résidait à Fay-les-Étangs dans le canton de Chaumont-en-Vexin (Oise) où il fut, sans succès, candidat aux élections municipales de 1935. Il y organisa également, au moment du Front populaire, le Parti communiste et les syndicats d’ouvriers agricoles.
Il participa très tôt à la vie clandestine du Parti communiste comme responsable à la propagande à Viroflay d’octobre 1940 à mai 1941, puis à Clichy pendant l’été 1941. Son domicile à Clamart fut perquisitionné deux fois (en mars et mai 1941). Il fut muté aux groupes armés à la fin de 1941. Il dirigea, comme responsable militaire, avec Louis Marchandise, responsable politique, l’Organisation spéciale (OS) jusqu’à son arrestation le 11 février 1942. Jugé par les Allemands avec 33 autres résistants Francs-tireurs et partisans lors du procès de la Maison de la Chimie, il fut condamné à mort le 14 avril et fusillé deux jours plus tard, le 17 avril, au Mont-Valérien.
Il était père de deux enfants. Sa femme, Jeanne Lebars, fut incarcérée jusqu’à la fin de la guerre. La cellule du Parti communiste de Liancourt-Saint-Pierre (Oise), à laquelle elle appartint jusqu’à sa mort, porte aujourd’hui (1988) le nom d’Yves Kermen.
Son frère, Joseph Kermen, arrêté le 18 novembre 1941, fut déporté à Auschwitz le 6 juillet 1942 et mourut peu après, le 12 juillet 1942.
Sources

SOURCES : RGASPI, 495 270 3354, autobiographie, 16 mai 1938, classé AS. – Arch. Dép. Oise, série M. – DAVCC, Caen. – Jean-Paul Depretto, Les communistes et les usines Renault de Billancourt, 1920-1936, mémoire de maîtrise, op. cit. – Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse, op. cit. – André Rossel-Kirschen, Le procès de la Maison de la Chimie, L’Harmattan, 2002. – J.-M. Berlière, F. Liaigre, Le sang des communistes, op. cit. – Souvenirs de vieux militants de Chaumont-en-Vexin et de sa sœur, Yvonne Lemaire, recueillis par Jean Kermen. – État civil, Bulat-Pestivien.

Jean-Pierre Besse

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