Né le 1er juin 1920 à Sin-le-Noble (Nord), fusillé comme otage le 14 avril 1942 au fort du Vert-Galant à Wambrechies (Nord) ; manœuvre ; militant des Jeunesses communistes et dirigeant de l’Organisation spéciale (OS) de combat.

Aimable Martel
Aimable dit Henri Martel
Aimable Martel était le fils aîné d’Elise Woulzez et d’Henri Martel, mineur, puis délégué-mineur à la fosse Notre-Dame de la Compagnie d’Aniche à Waziers. Son père, président du syndicat unitaire des mineurs, jusqu’à la réunification syndicale de 1935, puis vice-président du syndicat unifié, fut élu en 1936 député du Douaisis et conseiller de la République après la guerre. Aimable Martel adhéra comme son frère Germinal Martel aux Jeunesses communistes dès l’entre-deux-guerres.
Titulaire du certificat d’études primaire, célibataire, membre de la classe 40, il fut mobilisé à Cambrai en 1940. Son père fut arrêté puis emprisonné à Maison Carrée en Algérie.
Aimable Martel fit partie, avec son frère, des tout premiers militants de la Jeunesse communiste qui construisirent l’OS de combat. Il participa à de nombreux attentats contre les forces d’occupation, notamment le 9 novembre 1941, au sabotage de la centrale électrique de Dechy près de Douai, partiellement détruite. Au début de 1942, Aimable Martel était responsable de la Jeunesse communiste de l’Avesnois.
Il fut arrêté le 13 mars 1942 lors d’un contrôle de la gendarmerie française, sur la route entre ‪Croix-Caluyau‬ et Forest-en-Cambrésis (Nord), alors qu’il était en mission et vivait dans la clandestinité. Porteur d’une arme, il fut remis aux autorités allemandes. Il était alors décrit comme ayant des cheveux marron, mesurant 1 mètre 63.
Aimable Martel fut interné à la prison de Douai (Nord). Traduit le 22 mars 1942 devant la Section spéciale siégeant dans la même ville, il fut condamné à dix ans de travaux forcés. Il fut ensuite transféré à la prison de Lille, retenu comme otage en représailles de l’attentat du 9 avril 1942 contre une cantine allemande.
Trente-cinq otages furent fusillés le 14 avril (dont vingt en réponse à l’attentat de Lens, du 11 avril 1942), parmi lesquels Aimable Martel, tué au fort du Vert-Galant, à Verlinghem.

Henri Martel (Aimable Martel) est absent du recueil Lettres de fusillés publié par les Éditions France d’Abord en 1946. La lettre apparaît dans la brochure Lettres de fusillés de 1958, préface de Jacques Duclos, Éditions sociales, p. 27 et est reprise dans l’édition de 1970, p. 43.
[A son père]
Comme toi je serai courageux. Je serai digne de tous ceux qui souffrent enfermés pour le triomphe de notre idéal.
J’ai la certitude que ceux qui survivront, que les générations futures seront heureuses grâce à- notre sacrifice. Nous avons bien choisi notre route. J’ai une ferme confiance en l’avenir...
Sources

SOURCES : Jacques Estager, Ami, entends-tu ?, Messidor/Éd. Sociales, 1986. – DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Notes Delphine Leneveu. — Notes de Francis Calvet, BiMOI, Lille (Arch. Dép. Nord, 1874 W 136, dossier 4349, SRPJ) .

Odette Hardy-Hémery, Frédéric Stévenot

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