Né le 13 novembre 1902 à Châtel-Gérard (Yonne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 à La Blisière, dans la commune de Juigné-les-Moutiers, dans les environs de Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; ouvrier charpentier ; militant syndicaliste CGTU et communiste de la Côte-d’Or et de l’Yonne.

Fils de Louis Pillet et de Angèle Blandin, boulangers, Maurice Pillet, ouvrier charpentier, chercha dans les années 1920 à organiser les ouvriers du bâtiment d’Avallon.
Il fut boycotté par la chambre syndicale patronale et dut quitter le pays. Il s’installaalors à Dijon (Côte-d’Or) où il devint en 1930, secrétaire du syndicat CGTU du Bâtiment.
L’année suivante, en octobre, il fut candidat du Parti communiste au conseil général pour le canton de Dijon-ouest, puis candidat à l’élection législative de mai 1932 dans la circonscription d’Auxerre-Avallon où il obtint 310 voix sur 12 544 inscrits (il était alors secrétaire de la cellule locale qui aurait compté une dizaine d’adhérents).
Secrétaire de la Fédération CGTU du Bâtiment de 1933 à 1935, il fut délégué aux congrès nationaux de 1931 et 1935 de la CGTU et au congrès d’unification en 1936. Membre depuis 1936 de la commission exécutive fédérale, il devint en 1938 et 1939 secrétaire régional du Bâtiment.
Il s’était marié le 14 juin 1938 à Paris (XXe arr.) avec Suzanne Richefeu.
Mobilisé puis démobilisé en août 1940, Pillet entra dans la clandestinité et se consacra à la reconstitution du syndicat clandestin ; il assuma des responsabilités importantes dans la rédaction, l’édition et la diffusion de journaux et de tracts. Arrêté dans le département de la Seine le 18 octobre 1940 par la police française, il fut interné. Au camp de Clairvaux, avec Charles Michels, il fut l’un des animateurs des Bigophones et l’un des plus assidus à suivre les cours.
Transféré au camp de Choisel-Châteaubriant le 15 mai 1941, il a été fusillé le 15 décembre 1941, à La Blisière en Juigné-les-Moutiers, en représailles à l’exécution d’officiers allemands des 28 novembre et 7 décembre, avec neuf autres otages : Adrien Agnès, Louis Babin, Paul Baroux, Raoul Gosset, Fernand Jacq, René Perrouault, Georges Thoretton et Georges Vigor.
Dans son ultime lettre à sa femme, le 15 décembre 1941, il écrivit :« la mort pour moi-même ne m’effraie pas, le sacrifice de ma vie était fait depuis longtemps déjà [...] je sais que ce n’est pas en vain que je meurs et que ce qui est mon idéal se réalisera. »

Son extrait de naissance porte la mention « Mort pour la France ». Ses fonctions dans le réseau Front national (homologué au titre de la RIF) lui vaudront ultérieurement la Légion d’honneur. Il était en charge des secteurs rédaction, édition, diffusion de journaux et tracts.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Nat. F7/13130. – Le Travailleur de l’Yonne-Côte-d’Or, 10 octobre 1931 et 30 avril 1932. – Guy Krivopissko, La vie à en mourir, Lettres de fusillés 1941-1944, Tallandier 2003. – État civil.

Claude Pennetier

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