Né le 28 mai 1903 à Sauvigny-le-Beuréal (Yonne), fusillé par les Allemands comme otage le 18 avril 1942 à Montgueux, près de Troyes (Aube) ; ouvrier métallurgiste ; secrétaire régional (Yonne) du Parti communiste ; résistant Front national.

Fils d’un outilleur, René Roulot obtint le certificat d’études puis fut apprenti tourneur (bois et métaux). Il se maria avec Blanche Simon et le ménage tint un moment une fabrique d’eau de Javel, place Saint-Nicolas à Auxerre (Yonne).
Très tôt, René Roulot adhéra au Parti communiste. Au congrès départemental CGTU de l’Yonne, le 4 janvier 1925, il présenta le rapport sur l’organisation de la solidarité. En 1932, il était secrétaire adjoint de la cellule du Parti communiste Métaux et Bâtiment, qui comptait alors une vingtaine d’adhérents. Membre du bureau régional du Parti communiste de l’Yonne, il fut en octobre 1937 candidat au conseil général dans le canton d’Auxerre-Ouest. Il participa aux grèves de 1936, ce qui lui valut d’être licencié des usines Guilliet.
Désireux de partir en Espagne rejoindre les Brigades internationales, il vit sa candidature écartée par la direction nationale qui jugeait indispensable sa présence dans l’Yonne. En 1938, il suivit les cours de l’École nationale du Parti communiste. Il devint avant la guerre secrétaire régional du Parti communiste. L’annonce de la signature du Pacte germano-soviétique n’ébranla pas sa confiance envers l’Union soviétique. Affecté spécial en tant que métallurgiste dans une usine de la région parisienne, il se porta volontaire pour secourir les victimes du bombardement d’Auxerre.
C’est lui qui fut à l’origine de la réorganisation clandestine du Parti communiste dans l’Yonne et qui convoqua sept militants à Auxerre, le 1er septembre 1940, au domicile de Blanche Simon. René Roulot parvint à reprendre contact avec la direction nationale du parti. Il se rendit alors plusieurs fois à Paris, d’où il rapporta des directives, du matériel et des exemplaires de l’Humanité clandestine et de L’Appel au peuple de France.
Le 10 janvier 1941, le préfet de l’Yonne, Joseph Bourgeois, décida l’internement administratif d’un certain nombre de militants connus. Prévenu, René Roulot échappa à l’arrestation et passa dans la clandestinité. Il parvint à faire imprimer à Dijon (Côte-d’Or) le premier numéro du Travailleur de l’Yonne, dont il avait écrit l’éditorial. Il fut alors désigné comme responsable régional du Parti communiste, ayant en charge les trois départements de l’Yonne, de la Côte-d’Or et de l’Aube.
Muté en Côte-d’Or, remplacé dans ses fonctions de responsable départemental du parti et du Front national par Jean-Pierre Ringenbach, il quitta l’Yonne définitivement à la fin du mois de décembre 1941. Il résidait à Dijon lorsqu’il fut arrêté le 1er mars 1942.
Ce fait n’est pas lié à la vague d’arrestations qui eut lieu dans le département de l’Yonne au début du mois de mars 1942 après celle de Jean-Pierre Ringenbach, qui parla sous la torture.
René Roulot fut torturé puis transféré à la prison de Troyes. Il a été fusillé le 18 avril 1942 à Montgueux, en représailles à un attentat commis au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) le 2 avril 1942.
Son nom figure sur la stèle commémorative de Montchaux à Montgueux avec treize autres.


Voir Montchaud, commune de Montgueux (1940-1942)
Sources

SOURCES : AVCC, Caen, B VIII 3. – Registres du personnel, Fonds Guilliet, ADY 48 J. – René Roulot, notice de Claude Pennetier, in DBMOF. – Robert Bailly, Les feuilles tombèrent en avril, Éd. Sociales 1977, 2e édition 1984. – Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée..., ANACR Yonne, 1990. – Roger Pruneau, Contribution à l’histoire du département et de la Résistance dans l’Yonne pendant la guerre 1939-1945, 2002. – Robert Bailly, « René Roulot », Le Travailleur de l’Yonne, 16 avril 1946.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : R. Bailly, op. cit.

Joël Drogland

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