Né le 12 juin 1917 à Paris (IXe arr.), fusillé par condamnation le 17 avril 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; dessinateur ; militant de la Jeunesse communiste (JC) ; résistant au sein des FTPF.

Pierre Tourette était le fils de Guillaume Tourette, dit Guy Tourette, militant syndicaliste révolutionnaire puis communiste mort en 1924. Son père avait fait entrer sa mère, née Geneviève Trinité le 26 juillet 1895 à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), à l’Humanité comme dactylo et elle y aurait été secrétaire de Gabriel Péri. Elle appartenait en 1927 à la cellule 127 (Hachette). En 1932, elle était membre du Secours rouge international (SRI). Elle s’était remariée en 1934 avec le typographe travaillant à l’Humanité Alexandre Ballu.
Pierre Tourette fit des études à l’école de la rue Madame (VIe arr.) puis à l’école Lavoisier (Ve arr.). Titulaire du certificat d’études, il fit deux années d’études primaires supérieures. Grâce à des cours du soir, il devint métreur-dessinateur. Il adhéra à la Jeunesse communiste en 1932, et fut secrétaire de la section de la JC du VIe arrondissement de Paris avant la Seconde Guerre mondiale.
Il fit son service militaire de 1937 à 1939, puis fut mobilisé en 1939 au 153e Régiment d’artillerie et renvoyé dans ses foyers le 14 septembre 1940. Il resta en contact avec la JC. Il fut arrêté en avril 1940 dans son régiment pour distribution de tracts, et fut interné à Thionville (Moselle) puis à la prison de la Santé (Paris, XIVe arr.), enfin au camp de Cepoix (Loiret), d’où il se serait évadé lors de l’exode. De retour à Paris fin juin 1940, emballeur, il aurait entrepris de réorganiser la JC du VIe arrondissement, avec l’aide de son frère Jacques.
Membre de l’Organisation spéciale (OS), il participa aux premiers attentats contre l’armée allemande, le 6 septembre 1941 rue La-Fontaine (XVIe arr.), contre la librairie Rive Gauche en novembre 1941. Le 5 décembre 1941, il abattit le major Friese rue de Seine (VIe arr.) et participa à l’attaque de l’hôtel Imperator, rue de Seine, le 14 décembre. Le 2 janvier 1942, il attaqua avec un pistolet automatique une permanence du Rassemblement national populaire (RNP) 118 rue du Faubourg-Saint-Martin (Xe arr.). Les douilles de son pistolet correspondaient à celle de l’attentat de la librairie Rive Gauche, et il avoua sa participation. Il fut traduit devant le tribunal militaire allemand qui, dans son audience du 14 avril 1942, le condamna à mort pour son action de Francs-tireurs et partisans (FTP) (Procès de la Maison de la Chimie). Il a été fusillé le 17 avril 1942, à vingt-cinq ans.
Il avait, avec Madeleine Le Bars, née Savarre, un enfant naturel âgé de vingt-cinq mois lors de son arrestation, Minoue.
Les FTP organisèrent durant plusieurs années des cérémonies sur sa tombe au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne).
Son frère, Jacques, Bernard, Jean, né le 23 décembre 1919 à Paris (XIVe arr.), était déjà détenu à la prison de la Santé au moment de son arrestation en janvier 1942. Il fut arrêté à nouveau le 11 février 1944 et mourut au camp de Mauthausen (Autriche).
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, Liste S 1744. – Arch. PPo., 77W168, BA 1955. – Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse. Les Jeunes dans la Résistance, Paris, Éd. Sociales, 1969. – Notes Jean-Louis Panné.

Claude Pennetier

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