Née le 20 septembre 1913 à Tarnow (Pologne), morte le 24 décembre 1942 par défenestration à Paris (Ve arr.) ; couturière ; résistante, membre des FTP-MOI.

Hélène Kro
Fille de Jack, Isaak et de Feïga, juive Hélène Mansdorf arriva en France à l’âge de dix-sept ans et travailla comme couturière dans un atelier de confection. Elle était française par naturalisation. Elle épousa un compatriote Israël Kro, le couple eut un garçon, Alexandre né le 28 janvier 1938, elle en confiait la garde à la concierge de son immeuble de la rue des Grands-Degrés à Paris (Ve arr.). Son mari engagé volontaire fut fait prisonnier et elle dut élever seule son enfant. Elle s’engagea cependant aux Francs-tireurs et partisans Main-d’Œuvre immigrée (FTP-MOI) sous le pseudonyme de Germaine. Elle appartenait au deuxième détachement.
Le 24 décembre 1942, elle fut prise avec deux autres résistantes Hélène Igla et Laja Kubin, née Lewin à la sortie du métro Alésia par des membres de la police municipale. La police trouva dans le manchon de Laja Kubin un engin explosif. Ils emmenèrent les trois femmes dans les locaux de la BS2, Hélène Kro portait sur elle un carnet annoté avec les lieux et heures de plusieurs rendez-vous, une carte d’identité, une fausse carte d’identité au nom de Hélène Crault, née le 20 septembre 1912 à Montpellier (Hérault), domiciliée 29 avenue de Brimont à Chatou (Seine-et-Oise, Yvelines). Elle portait une clef dont elle refusa d’indiquer l’usage.
Les inspecteurs de la BS2 décidèrent de perquisitionner son logement et tendre une souricière aux autres membres du groupe. Ils allèrent au 8 rue des Grands-Degrés à Paris (Ve arr.) au 4ème étage où elle habitait. Elle ouvrit la porte, encadré ensuite par deux policiers, le lieu était sombre, un policier appuya sur l’interrupteur, Hélène Kro ouvrit précipitamment une fenêtre entrebâillée et se défenestra. Un car de Police-secours l’emmena à l’Hôtel-Dieu, l’interne de service constata sa mort et diagnostiqua une fracture du crâne, d’un bras et d’une cuisse.
Lors de la perquisition de son logement les policiers saisissaient : vingt numéros de La Vie ouvrière n° 116 du 5 décembre 1942, vingt-deux exemplaires de La Vie ouvrière n° 109 du 17 octobre 1942, vingt numéros du « Bulletin d’information » n° 41 du 30 septembre 1942 et trois exemplaires de La Terre du 28 septembre 1942 dissimulés sous le matelas de son enfant. Elle était inconnue des différents services de police.
Le nom d’Hélène Kro a été gravé sur la plaque commémorative à l’intérieur de la Bourse du travail rue du Château d’Eau : « À la Mémoire des dirigeants de Syndicats tombés dans les combats contre le nazisme pour la libération de la France » avec cette épitaphe de Paul Éluard : « Lorsqu’on ne tuera plus ils seront bien vengés et ce sera justice ».
Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Morte pour la France », Hélène Kro a été homologuée FTPF.
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BS2 carton 20 (transmis par Gérard Larue), 77W 1925. – SHD, Caen AC 21 P 62579. – Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le sang de l’étranger, les immigrés de la MOI dans la Résistance, Fayard, 1994. – Boris Holban, Testament, Calmann-Lévy, 1989. – David Diamant, Les Juifs dans la Résistance française 1940-1944, Le Pavillon, Roger Maria Éditeur, 1971. – (Notes de Jean-Pierre Besse). – Site internet GenWeb

Daniel Grason

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