Né le 29 juin 1910 à Chelm (Pologne), fusillé comme otage le 7 mars 1942 au stand de tir des Groues à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret) ; tapissier ; militant communiste.

Né dans une famille juive de Pologne, fils de Luzer et de Bajla, née Zygelbaum, Abraham Baum quitta la Pologne en 1937, pour échapper à la prison en raison de son activité politique au sein du Parti communiste polonais. Il était marié à une compatriote, Chaya Kierzencwajc, née le 15 février 1909 à Prystek. Ils demeuraient 20 rue Basfroi, à Paris (XIe arr.).
Organisé à la sous-section juive du parti communiste, il militait activement à la section de langue juive de la M.O.I (Main d’Œuvre Immigrée, qui succédait à la MOE, Main d’Œuvre Étrangère), une section du Parti communiste consacrée aux immigrés, regroupés par nationalités (il y avait les espagnols, les italiens... et les juifs).
À la déclaration de guerre, il s’engagea dans l’armée française, considérant la France comme sa nouvelle patrie, il fut démobilisé en 1940, après l’armistice. Il poursuivit son activité au sein du Parti communiste clandestin et de l’organisation de résistance Solidarité, qui développait une activité de propagande et de soutien à la population juive.
Connus comme des militants communistes par la police, les Baum furent arrêtés le 28 juin 1941 parce que juifs. L’enquête menée par un inspecteur des Renseignements généraux indiquait : « Bien connus dans leur voisinage pour se livrer à la propagande clandestine en faveur de la IIIe Internationale. Ils distribuaient des tracts en langue Yiddish. En outre, ils collectaient des fonds en faveur des familles des internés administratifs ou politiques. » Louis Sadosky écrivit : « Propagandiste très actif, suspect du point de vue politique et susceptible de constituer un élément dangereux pour l’ordre public. » Une mesure d’éloignement du territoire fut recommandée pour Chaya. En attendant, elle fut placée « sous le régime de la surveillance renforcée ».
Abraham Baum prit la destination du camp de Pithiviers (Loiret). Le 1er mars 1942 vers 9 h 50 du matin au 41 rue de Tanger à Paris (XIXe arr.), quatre résistants tirèrent plusieurs coups de revolver contre une sentinelle allemande, le soldat mortellement blessé mourut. En représailles les autorités d’occupation annonçaient l’exécution d’otages. Le 6 mars 1942 Abraham Baum fut transféré à la prison d’Orléans (Loiret), des Feldgendarmes vinrent le chercher le lendemain, il fut passé par les armes à une cinquantaine de kilomètres de là, au stand de tir des Groues à Saint-Jean-de-la-Ruelle. Le 16 juin, sa femme reçut ses vêtements, accompagnés d’un billet de quelques lignes écrites en allemand : « Voici les papiers et objets qu’Abraham Baum a laissés. »
Étant de nationalité polonaise, il se vit refuser la mention « Mort pour la France ». Son nom figura sur la plaque commémorative en souvenir des trente-huit : « Fusillés en ce lieu pour la défense de nos libertés 1942-1944. À jamais vénérons leur généreux sacrifice. »
Sources

SOURCES : Arch. PPo, BA 1752, KB 95, 77W 32, 77W 88. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Delphine Leneveu et Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Éd. Renouveau, 1984. – David Diamant, Le billet vert, Éd. Renouveau, 1977. – Mémorial GenWeb.

Daniel Grason

Version imprimable