Né le 1er juin 1921 à Fort National en Kabylie (Algérie), fusillé le 4 juillet 1944 au champ de tir de Biard (Vienne) ; ébéniste ; militant communiste.

BEDJA RAMDANE Lucien
Archives privées Viviane Favreau
Lucien Bedja Ramdane était domicilié 41 rue Louis-Blanc à Courbevoie (Seine, Hauts-de-Seine). Le 3 décembre 1940, deux policiers du commissariat de cette ville perquisitionnèrent dans sa chambre d’hôtel. Il entra sur ces entrefaites et fut immédiatement arrêté. Emmené au commissariat, envoyé au Dépôt, puis à la Santé pour infraction au décret du 26 septembre 1939 et propagande communiste, il fut condamné le 8 mars 1941 par la XIVe chambre du tribunal correctionnel de Paris à trois mois de prison. Le préfet de police prit un arrêté d’internement en date du 1er mai 1941 ; il fut transféré le 7 mai au centre de séjour surveillé de Choisel à Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) où il resta jusqu’au 3 mars 1942.
Tuberculeux à 100 %, il fut transféré à l’Hôtel-Dieu de Nantes puis au sanatorium de Maubreuil à Carquefou. Les Allemands vinrent le chercher à plusieurs reprises, mais son état de santé ne permettait pas son transfert. Devant la menace d’une déportation, il s’évada du sanatorium le 1er février 1944. Son évasion fut organisée et réalisée par deux résistants nantais : Libertaire Rutigliano et André Valtier. Lucien Bedja Ramdane suivit Rutigliano, responsable inter-jeune dans les Deux-Sèvres et fut intégré dans le groupe Front national de Saint-Maixent dirigé par René Chaigneau, Charles Coutant dit Pierre et Jean Jamain. Le docteur Yvan Quintard s’adressa aux sœurs Louise et Marie Morichon de confession protestante comme lui pour l’héberger ; elles assurèrent le gîte et le couvert à Ainsay, commune de Souvigné.
L’arrestation de plusieurs résistants et du docteur Quintard allait entraîner la chute du groupe intégré dans les FFI sous les ordres du commandant Texier. Le 4 mai, Lucien Bedja Ramdane fut repris à Saint-Maixent-l’École (Deux-Sèvres), emprisonné sous régime allemand à la prison La Pierre-Levée à Poitiers. Jugé par le tribunal de la Feldkommandantur 677 de Poitiers le 23 juin 1944, il fut condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi ». Lucien Bedja Ramdane était passé par les armes au champ de tir de Biard (Vienne) le 4 juillet 1944 en même temps que quinze autres résistants.
Après la Libération, sa fiancée Andrée Pascal témoigna devant la commission d’épuration de la police, elle déclara qu’elle était présente dans la chambre d’hôtel lors de la perquisition et que celle-ci fut infructueuse.
Le nom de Lucien Bedja Ramdane orthographié Ramdan Bedja figure sur le monument portant les cent vingt-huit noms des fusillés de Biard, dont cent dix-neuf ont été condamnés à mort par les nazis.
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 2314, BA 2397, KB 3, KB 26, KB 38. – DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Vienne Résistance Internement Déportation (VRID.). – Informations transmises par Maurice Rouzier à l’aide des Archives familiales de Viviane Chaigneau-Favreau (fille de René Chaigneau).

Daniel Grason, Maurice Rouzier

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