Né le 30 janvier 1922 à Paris (XIXe arr.), fusillé le 24 novembre 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; aide fumiste ; résistant FTPF.

Jean Cadet.
Fils de Marcel, fumiste, et de Jeanne, née Brazier, concierge, Jean Cadet fut reconnu par son père le 15 janvier 1925. La famille habitait 82 rue de la Villette (XIXe arr.). Fumiste, il travaillait depuis novembre 1941 à la maison J. Nessi et fils 29 rue Gauthey (XVIIe arr.). Eugène Dion dit Gégène, ex-collègue de travail de son frère Maurice lui proposa en juillet 1942 d’entrer dans les FTPF ; il accepta.
Il participa à toute une série d’actions parfois avec son frère Maurice. Le 18 juillet contre un bureau de placement allemand 58 rue Clisson (XIIIe arr.) : un gardien de la paix et un passant furent tués. Le 1er août, il était à la manifestation de ménagères rue Daguerre (XIVe arr.). Le 16 août, il assura la protection d’un militant communiste qui prenait la parole aux abords des usines Gnome et Rhône, boulevard Kellermann (XIIIe arr.). Le 27 août il était à proximité de la place Balard devant les usines Citroën où des militants communistes distribuaient des tracts.
Marc Lainé et Gaston Père attaquèrent le 15 septembre un encaisseur de la Grande Biscuiterie parisienne afin de se saisir des fonds. Poursuivis par des policiers, ils furent arrêtés. Interrogés dans les locaux de la Brigade spéciale no 2 plus particulièrement sur l’action contre le bureau de placement allemand de la rue Clisson, Marc Lainé communiqua les signalements des frères Cadet. Les policiers exercèrent une surveillance près de la station de métro Botzaris où ils passaient fréquemment pour rentrer chez leurs parents. Le 18 septembre, trois inspecteurs de la BS2 interpellèrent Jean Cadet, inconnu des Renseignements généraux.
Jugé le 13 novembre 1942 par le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), Jean Cadet fut condamné à mort pour activités de franc-tireur. Il fut passé par les armes au Mont-Valérien le 24 novembre 1942 en même temps que son frère Maurice, Marc Lainé, Eugène Dion et Gaston Père.
Son inhumation eut lieu au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Après la Libération, André Cadet, son père, fut auditionné le 19 janvier 1945 par la commission d’épuration de la police. Il ignorait si son fils avait subi des maltraitances pendant sa détention dans les locaux des Brigades spéciales.
Jean Cadet fut déclaré « Mort pour la France », et homologué lieutenant FFI à titre posthume. Une plaque commémorative avec une date d’exécution erronée fut scellée rue de la Villette : « Ici sont nés Maurice et Jean Cadet Héros de la Résistance fusillés par les Allemands le 26 novembre 1942. »
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 2101, BA 2117, PCF carton 13, activité communiste pendant l’Occupation, KB 67, 77W 421. – DAVCC, Caen, Boîte 5 (Notes Thomas Pouty). – SHD, Caen AC 21 P 36576. – Bureau Résistance GR 16 P 99857. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XIXe arr.).

Iconographie
PHOTOGRAPHIE ; Arch. PPo. GB 174 cliché du 20 juin 1941.

Daniel Grason

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