Né le 3 mai 1918 à Zagorce (Pologne), fusillé le 4 novembre 1942 à la citadelle d’Arras (Pas-de-Calais) ; mineur ; communiste ; résistant, membre des FTPF.

Fils de Jacob et de Bronislawa, née Jukow, Simon Ciurlik demeura dès 1930 à la cité Plumecoq, route de Béthune à Lens (Pas-de-Calais), près de la fosse 12. Il était titulaire d’une carte de travailleur industriel délivrée par la préfecture du Pas-de-Calais.
Pendant la guerre, il fut de ceux qui organisèrent la résistance à l’occupant dans le bassin minier ; il était membre du groupe no 4 des Jeunesses communistes de Lens. Il fut impliqué dans une tentative d’assassinat sur un inspecteur de police de Liévin. Le 21 novembre 1941 en soirée, il participa à une tentative de meurtre à Lens sur Julien Priem, secrétaire du syndicat des mineurs. La presse collaborationniste Le Matin et La Croix, s’en firent l’écho. Armé d’un revolver 6,35 mm, de très faible portée, Simon Ciurlik tira à plusieurs reprises sur Julien Priem, mais ne l’atteignit pas. Les deux journaux relatèrent cette action dans la rubrique des faits divers, le premier écrivit : « M. Priem se perd en conjectures sur les raisons pour lesquelles il a été attaqué. »
Simon Ciurlik quitta précipitamment son domicile du 8 rue Théodore-Barrois à Lens et la police diffusa son portrait-robot : « Taille 1,70 m environ, corpulence mince, vêtu d’un complet marron et d’un petit paletot. Coiffé généralement d’un béret placé sur le côté, peut porter une casquette grise à rayures noires. » Son signalement fut communiqué aux services de police et de gendarmerie, aux commissaires spéciaux des postes frontières de la ligne de démarcation, ports maritimes et aériens, à la police et à la gendarmerie des départements de la Seine et Seine-et-Oise.
Le 22 octobre 1941 le tribunal de la Feldkommandantur 670 d’Arras, condamna par contumace deux fois Simon Ciurlik à la peine de mort pour « actions bolcheviques, sabotages et détention d’armes ».
Fin janvier 1942, il était toujours recherché par la 2e Brigade régionale de la police judiciaire de Lille. Les policiers apprirent qu’il était hébergé chez un mineur Jean Jarosz et sa femme Valérie. Le commissaire, un brigadier et un agent se présentèrent à leur domicile le 2 février 1942. À la vue des policiers, Simon Ciurlik tira sur eux et s’enfuit. Il participa le 7 août 1942 au sabotage de camions allemands dans le secteur de Vimy.
Il fut arrêté le 8 septembre 1942 par la police française à Phalempin (Nord), inculpé pour « menées communistes, détention d’armes et sabotages », puis incarcéré à la Maison d’Arrêt Saint-Nicaise à Arras. Il fut jugé le 22 octobre par le tribunal de la Feldkommandantur 670 d’Arras. Condamné à mort il fut passé par les armes le 4 novembre 1942 dans les fossés de la citadelle d’Arras.
Le 4 mars 1947 il fut reconnu comme FTP depuis 1941, lieutenant FFI à titre posthume avec la mention « Mort pour la France » avec la Croix de guerre avec étoile de bronze. Sa mère Bronislawa Ciurlik déposa le 9 août 1951 à Arras, elle déclara : « Je ne saurais vous citer de témoins à Lens. C’est à mon insu que mon fils était entré dans la Résistance et j’ignore quels étaient ses compagnons. »
Son nom figure sur une plaque commémorative orthographié Cuirlik, Curlik dans l’ouvrage de Jean-Marie Fossier.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 196, RG77W 1783. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Delphine Leneveu et Thomas Pouty). – Le Matin, 22 novembre 1941, 3 février 1942. – La Croix, 24 novembre 1941. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit. – Mémorial GenWeb.

Daniel Grason

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