Né présumé en 1899 au Ksar El Hirane, département de Laghouat (Algérie), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; infirmier à Bicêtre (Seine, Val-de-Marne) ; militant communiste de Villejuif ; membre de l’Organisation spéciale (OS).

Fils de Ben Kouider et de Fatma Ben Belgacem, Ben Slimane Mohammed de la classe 1920, du centre de recrutement d’Alger, s’engagea et effectua quatre ans de service militaire au 27e Régiment du train des équipages. Il vint en France, fit la connaissance de Marie-Louise Corbel, née à Bubry dans le Morbihan. Le 24 avril 1933, ils se marièrent à la mairie de Villejuif (Seine, Val-de-Marne). Cinq enfants naquirent : Odette (1935), Raymonde (1936), Monique (1937), Robert (1939) et Jeannine en 1942.
En 1931, il fut embauché comme infirmier à l’hospice du Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne). La famille habitait 12 rue du Laboratoire à Villejuif. Ben Slimane Mohammed adhéra au Parti communiste ; il fut un membre actif du rayon de Villejuif. Il continua à militer après le 26 septembre 1939, date du décret-loi qui interdisait toute activité communiste, puis adhéra à l’OS en février 1942.
À la suite d’un attentat, Charles Schmidt fut arrêté le 22 avril 1942, des notes dactylographiées saisies concernant la constitution de groupes spéciaux. Le 23 juin 1942, cinq militants furent appréhendés dont Ben Slimane Mohammed, arrêté vers 8 h 30 à l’hospice du Kremlin-Bicêtre où il travaillait, par des inspecteurs de la Brigade spéciale no 2, puis incarcéré le jour même à la prison de Fresnes. Lors des fouilles, les policiers saisirent un revolver, une matraque et un poing américain. Le 26 juin, il fut livré aux Allemands.
Trois jours plus tard, sa femme Marie-Louise écrivit au préfet de police ; n’ayant pas reçu de ses nouvelles, elle exprima son inquiétude et fit part de ses difficultés : « Je ne puis toucher sa paye et je n’ai pas d’argent pour vivre avec mes cinq enfants. Le directeur de l’hospice ne veut pas me payer sans la procuration ». Elle conclut : « pensez qu’il y a cinq petits qui ont faim ». Les policiers accusèrent Ben Slimane Mohammed d’être l’un des résistants qui, le vendredi 29 mai 1942, déposèrent une bombe dans le café-tabac « Chez Moreau » 5 boulevard du Palais, face au palais de justice (Ier arr.), où ils pensaient que des policiers des Brigades spéciales venaient consommer. Ce vendredi-là, une forte explosion fit deux victimes, un garçon de café et un inspecteur de la police judiciaire, et six blessés graves : un chauffeur et un appariteur de la préfecture de police et quatre simples consommateurs.
Ben Slimane Mohammed rétorqua que ce jour-là, à la même heure, il consommait « Au Canon de Bicêtre ». Sur commission rogatoire, les policiers auditionnèrent le 5 août 1942 le patron Antoine M., vingt-neuf ans. Il le connaissait, l’appelait Ahmed, mais il ne se souvenait plus si ce vendredi-là il était venu consommer.
Accusé d’entente avec l’ennemi en n’ayant pas dénoncé les membres de l’OS qu’il connaissait, Ben Slimane Mohamed a été fusillé le 11 août 1942, en compagnie de François Sautet, membre du groupe de Villejuif et de quatre-vingt-six otages.
Ben Slimane Mohammed figure sur la plaque des morts de la guerre 1939-1945 de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre aux côtés de trois autres otages de l’hospice fusillés le même jour : Marcel Flosseaux, garçon de service ; Georges Bouzerait, jardinier, et Paul Renaud, infirmier.
La mention « Mort pour la France » fut inscrite sur son acte de décès en novembre 1945 ; le titre d’Interné Résistant lui a été attribué le 23 septembre 1958.
L’acte de décès de Mohammed Ben Slimane fut rectifié le 8 février 1975. Il se nommait en réalité, Hadjaj Mohamed Kebir, Ben Slimane, Ben Kouider.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2299, KB 61. – DAVCC, Caen (Notes Annie Pennetier). – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Serge Klarsfeld, Léon Tsévéry, Les 1007 fusillés du Mont-Valérien, FFDJF, 1995. – Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes. Les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée. Automne 1941, Fayard, 2004. – – Nos remerciements à Alain Simmonet qui nous a signalé la rectification de l’acte de décès de Mohammed Ben Slimane. – Site Internet Mémoire vive.

Daniel Grason

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