Né le 24 novembre 1926 à Laka (Pologne), fusillé le 30 avril 1944 à la prison de la Santé (XIVe arr.) ; bûcheron ; résistant FTPF.

Casimir Malak demeurait à Chamoy (Aube) où il exerçait sa profession d’ouvrier agricole. Le 5 janvier 1943, Pétain, chef de l’État, annonçait la transformation du Service d’ordre légionnaire (SOL) en Milice sous les ordres de Darnand. Le 30 janvier, cette annonce devint officielle. Pierre Laval chef du gouvernement était nommé président de la Milice, Joseph Darnand en assurait la direction effective. En août, il était nommé SS-Obersturmführer (lieutenant) de la Waffen-SS. Le 30 décembre, il devint secrétaire général au maintien de l’ordre. Le 20 janvier 1944, une loi signée par Pierre Laval, chef du gouvernement et Maurice Gabolde, ministre de la Justice de Vichy autorisait le secrétaire général au maintien de l’ordre, à créer « par arrêtés une ou plusieurs cours martiales » pour juger « les individus agissant isolément ou en groupe, arrêtés en flagrant délit d’assassinat ou de meurtre, de tentative d’assassinat ou de meurtre commis au moyen d’armes ou d’explosifs, pour favoriser une activité terroriste ».
Au cours de la fin de l’automne 1943, sous la direction du chef de compagnie FTP Robert Massé, cinq groupes de combattants furent formés. Casimir Malak, membre du groupe Ferrouil dirigé par Bernard Bosmayer, participa à des sabotages dans la région et à des actions de représailles contre des collaborateurs et à des destructions de sacs de céréales destinés aux réquisitions allemandes.
Du 21 octobre 1943 au 24 février 1944, trente-trois hommes menèrent dans l’Aube et dans l’Yonne cent huit actions dont vingt et une pour se procurer du ravitaillement, dix cambriolages de mairies probablement pour récupérer des tickets d’alimentation et dix-huit bureaux de tabacs. Deux tentatives de meurtres échouèrent, mais dix-huit assassinats suscitèrent beaucoup d’émoi dans la population, si bien que les actions furent assimilées à celle de la « bande à Robert » (Robert Massé). Ce dernier fut arrêté le 25 février 1944 lors d’une opération conduite par la police française et les Groupes mobiles de réserve (GMR). Il y eut dix-huit interpellations dont celle de Casimir Malak. Les interrogatoires furent d’une grande violence. Les prisonniers furent transférés de Reims à la prison de la Santé à Paris.
Vingt-neuf accusés comparurent le 30 avril 1944 devant une cour martiale composée du directeur du service pénitentiaire et de deux assesseurs. Le tribunal se déclara incompétent pour vingt d’entre eux. Neuf jeunes d’un maquis de l’Aube et de l’Yonne, âgés de dix-neuf à vingt-trois ans accusés d’actions de résistance armée, de destruction de récoltes et de vols. Casimir Malak, Albert Finance, Bernard Bosmayer, Guy Hénault, Alfred Godefroy*, Gaëtan Senlis, Claude Courvoisier, André Ott et Robert Massé furent condamnés à mort, passés immédiatement par les armes par des miliciens dans un chemin de ronde de la prison à 6 h 40 du matin.
Une note des Renseignements généraux donna quelques échos des exécutions. Certains condamnés crièrent « Vive de Gaulle ! », « C’est malheureux d’être fusillés par des Français », « Je voudrais mourir avec un drapeau bleu, blanc, rouge portant la Croix de Lorraine ». Sur le chemin qui menait au lieu de la fusillade, ils chantèrent « La Marseillaise » – ils appartenaient probablement à la résistance gaulliste. Après l’exécution, des détenus qui assistèrent de leurs cellules à la fusillade ou qui entendirent le bruit des balles, chantèrent « L’Internationale » et scandèrent « Assassins ! » à l’adresse des bourreaux.
Le dimanche 28 avril 1946, il y eut une cérémonie rue Jean-Dolent, devant la prison de la Santé, où une plaque de marbre fut dévoilée : « Derrière ces murs 18 patriotes antifascistes furent exécutés sur les ordres d’un Gouvernement au service de l’ennemi. Ils sont morts pour que vive la France. Français, n’oubliez jamais ! » Quarante-huit heures plus tard, l’Humanité en rendait compte en page une, par une simple photographie légendée, en « l’honneur de 18 patriotes guillotinés ou fusillés » dont Casimir Malak. Son nom figure sur le monument aux morts érigé sur la route menant à Chaserey-Haut, près de Chaource (Aube).
Figure contestée de la Résistance auboise, l’action de Robert Massé et des hommes qu’il commanda fit l’objet de vives critiques après la guerre. Selon Sébastien Touffu « il semble bien qu’il ait quelquefois confondu résistance et aventure personnelle, mais il n’en demeure pas moins que son groupe a participé aussi d’une manière active à la lutte contre l’occupant ».
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, 77W 813, 77W 1340. – F. Marcot (sous la dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, op. cit. – Sébastien Touffu, La Résistance dans l’Aube, CRDP de Champagne-Ardennes-AERI, 2010. – L’Humanité, 30 avril 1946. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, DVD Rom, AERI, 2013. – Mémorial GenWeb. – État civil.

Daniel Grason

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