Né le 17 janvier 1922 à Sens (Yonne), fusillé le 19 mai 1944 au camp d’Auvours à Champagné (Sarthe) ; typographe ; résistant FTPF de la Sarthe.

Rue Famille Cachon à Sens
Marc Cachon, typographe, marié le 23 août 1941 à Sens avec Renée Roche, manouvrière, appartenait à une famille ouvrière communiste de Sens. Son père Paul Cachon fut serrurier ajusteur puis agent des lignes PTT muté à la fin de l’année 1939 au Mans (Sarthe) ; sa mère, Marcelle Gauthier travaillait comme métallurgiste.
La famille participa à la Résistance. Le père arrêté au Mans en mars 1943 mourut en déportation à Orianenbourg, la mère Marcelle Cachon et ses deux fils Marc Cachon et Serge, membres des Jeunesses communistes ainsi que des jeunes militants communistes du groupe FTPF Delaunay, Michel Ribault, Pierre Guédou, Marcel Le Du, Jean Bamas, ainsi qu’Auguste Judalet et Victor Bordier domiciliés à Noyen, furent arrêtés le 21 janvier 1944 par la police française (Section des affaires politiques d’Angers) puis incarcérés à la prison du Vert-Galant au Mans. Le lendemain, une surveillance exercée au domicile de Marc permit l’arrestation de René Jehanno dit « Jean », interrégional militaire FTPF, porteur de deux revolvers et d’une documentation importante, ainsi que celle de Germaine Lelièvre (née le 2 avril 1911), interrégionale femmes, hébergée au Mans par Anne-Marie Dion, tailleur. Des perquisitions chez la famille Cachon amenèrent la découverte de cachets de la mairie d’Yvré-l’Évêque, de listes de collaborateurs, d’une fausse carte d’identité, d’un carnet de notes où figurait notamment un rendez-vous prévu le 25 janvier avec « Raymond » Serge Chrétien, peintre en voiture de la région parisienne, commandant de la subdivision ouest des FTPF, soit 19 départements, devant le monument aux morts d’Angoulême. Serge Chrétien (né le 24 septembre 1920), son agent de liaison, Odette Chédic dite « Josette » du Finistère, et David Retchisky furent arrêtés.
Condamnés à mort le 19 mai 1944 par le tribunal allemand FK 555 du Mans, pour « actes de franc-tireur, participation à des attentats contre des militaires allemands et sabotages », les jeunes communistes avait organisé des opérations de récupération de cartes et de tickets d’alimentation dans les mairies des environs et participé, semble-t-il, à l’attentat contre le train rapide Paris-Brest. Les frères Cachon, Pierre Guédou, Michel Ribault et Marcel Le Du ont été fusillés le jour même de leur condamnation, à Champagné, camp d’Auvours, dans la Sarthe. Leurs corps, enterrés sans inscription, n’ont jamais été retrouvés.
Victor Bordier, Auguste Judalet, Serge Chrétien furent déportés.
Marc et Serge* Cachon furent décorés, à titre posthume, de la Médaille militaire, de la Croix de guerre avec palmes, de la Médaille de la Résistance et de la Médaille des combattants volontaires de la Résistance.
À Sens, une rue porte le nom de la famille Cachon, « martyrs de la Résistance ». Une plaque honore la famille Cachon à la permanence CGT, rue Pasteur. Leurs noms ont été gravés sur le monument aux morts cantonal d’arrondissement, et à Auxerre, sur le monument aux fusillés et déportés.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Presse locale de Sens. – Dossier communiqué par la famille. – Mémorial GenWeb.

Claude Pennetier

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