Né le 12 mai 1896 à Varsovie (Pologne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de Seine) ; ajusteur balancier, brocanteur.

Fils de Chaïm et de Marie, née Hagel, Nysyme Alterlejb vécut plusieurs années entre la France et la Pologne. Il partageait sa vie avec Dora Perelstein, née le 12 mai 1896 à Varsovie. Une fille, Maria, naquit en juillet 1920 à Metz (Moselle), puis Milda en février 1922 à Varsovie, enfin Simon en février 1924 à Paris (XXe arr.). Le couple se maria en mars 1926 à la mairie du XXe arrondissement à Paris, et le 4 décembre 1930, ils furent naturalisés.
La famille habitait au 8 rue Popincourt (XIe arr.), à la même adresse que le siège social des Établissements Testut, fabriquant de balances. Nysyme Alterlejb travaillait dans les ateliers du boulevard Voltaire comme ajusteur balancier. Dès 1940, sans travail, il devint brocanteur.
Le 21 juin 1941 des visites domiciliaires eurent lieu chez des Juifs connus ou dénoncés comme pouvant se livrer à de la propagande communiste. Le domicile de Nysyme Alterlejb fut perquisitionné, mais en vain. Il était inconnu dans les différents fichiers politiques des Renseignements généraux. Un inspecteur rédigea un rapport le 23 juin et releva son appartenance aux Amis des brocanteurs de Belleville. Il affirmait que cette association était « constituée au sein de l’ex-sous-section juive du Parti communiste ». Il soulignait que « sa présence » fut « à plusieurs reprises constatée dans des établissements publics [...] lieux de rendez-vous de propagandistes communistes juifs ». Il concluait que Nysyme Alterlejb était « suspect au point de vue politique et susceptible de porter atteinte à l’ordre intérieur ». Il demandait aussi « une mesure de déchéance de la nationalité française [...] en vue de son expulsion ».
Nysyme Alterlejb fut interné le 1er octobre 1941 au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis). Le 15 décembre 1941, il fut l’un des soixante-dix otages fusillés.
Toute la famille fut raflée, tous furent déportés. Son gendre, Jankiel Kornicki, marié avec Maria, le 27 mars 1942 dans le convoi no 1 ; son autre gendre, Maurice Ejzenmesser, marié avec Milda, le 22 juin 1942 dans le convoi no 3 ; sa fille Milda le 13 février 1943 dans le convoi no 48, tous les trois moururent à Auschwitz (Pologne). Sa femme Dora, sa fille Maria Kornicki et son fils Simon partirent le 25 mars 1943 dans le convoi no 53 à destination de Sobibor (Pologne) y laissèrent leur vie.
Sources

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95, 77W 1677. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Yves Jouffa, Le Patriote résistant, septembre 2011. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet du Mont-Valérien. – Site Internet CDJC.

Daniel Grason

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