Né le 20 juillet 1912 à Varsovie (Pologne), fusillé comme otage le 21 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; représentant de commerce.

Fils de Moses et de Pola, née Minski, Lejbus Wajnberg entra en France le 3 juillet 1930 avec sa carte d’identité polonaise. Le 16 janvier 1935, il fit l’objet d’une mesure d’expulsion, qui fut rapportée le 15 mars. Le 13 mars 1939, pour un motif inconnu, le ministère de l’Intérieur polonais le déchut de sa nationalité.
Lejbus Wajnberg se maria en novembre 1939 ; le couple demeurait 16 rue Ernestine à Paris (XVIIIe arr.). La préfecture de police de Paris lui délivra une carte d’identité le 13 octobre 1939, valable jusqu’au 30 janvier 1942.
Lejbus Wajnberg participa en août 1941 à des protestations au Comité de coordination des œuvres de bienfaisance israélites. Selon la police, l’endroit était un lieu de rendez-vous d’anciens membres du Parti communiste. Le 19 août, les policiers arrêtèrent Lejbus Wajnberg. La perquisition de son domicile ne donna aucun résultat. Un rapport d’un inspecteur des Renseignements généraux de novembre 1941 affirmait qu’il n’existait aucun élément à son sujet sur une éventuelle activité politique.
Il fut interné à la caserne des Tourelles (XXe arr.), puis transféré au camp de Drancy (Seine, Seine-Saint-Denis) réservé aux Juifs. Louis Sadosky rédigea une courte note : « Susceptible de se livrer à la propagande en faveur de la IIIe Internationale, suspect au point de vue politique et sympathisant des doctrines communistes. Dangereux pour l’ordre public. »
Le 4 février 1942, il y eut un attentat contre les forces d’occupation à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Le 21 février, en représailles, six détenus de la maison centrale de Fontevrault-l’Abbaye (Fontevraud, Maine-et-Loire) furent passés par les armes, ainsi que quatorze prisonniers en région parisienne au Mont-Valérien, dont douze Juifs parmi lesquels Lejbus Wajnberg, extraits de Drancy, tous désignés comme otages.
En janvier 1957, la veuve de Lejbus Wajnberg, qui demeurait dans le XIe arrondissement de Paris, demanda l’attribution d’une carte d’Interné Politique.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2439, KB 95, 77W 1724. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Maurice Rajsfus, La Police de Vichy, Le Cherche-Midi, 1995. – S. Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC. – Site Internet Rue Amelot J. Jacoubovitch.

Daniel Grason

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