Né le 14 novembre 1922 à Varsovie (Pologne) ; fusillé comme otage le 31 mars 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de Seine) ; artisan maroquinier ; communiste ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste français (PCF).

Né dans une famille juive de Pologne, Ziskind Arbiser était fiancé à Hélène Jakubowicz. Il demeurait 15 bis rue Dénoyez, dans le quartier de Belleville, à Paris (XXe arr.). Il fut membre des Jeunesses communistes et de l’Organisation spéciale et il participa à une action place de la République.
Il fut appréhendé le 14 mars 1941 pour propagande communiste puis relâché. Le 11 août 1941, il lançait des pierres en direction de la vitrine du Rassemblement national populaire (RNP), 118 rue du Faubourg Saint-Martin (Xe arr.). Une opération de police eut lieu dans le Xe arrondissement le 13 septembre, au cours de laquelle il fut interpellé puis incarcéré à la prison du Cherche-Midi (VIe arr.).
La Section spéciale de recherches (SSR) des Renseignements généraux était chargée depuis 1937 de la surveillance des étrangers. Louis Sadosky, responsable du rayon Allemand et Polonais, fut nommé en 1941 responsable du « rayon juif », rompant ainsi avec le principe de la nationalité. Il rédigea un rapport dans lequel il rappelait l’action contre le RNP et son activité de « propagandiste communiste très actif ».
Le 21 février 1942 un attentat était commis au Havre contre une colonne de marins allemands en marche, attentat au cours duquel deux militaires allemands furent blessés. Les Allemands décidèrent d’exécuter vingt otages dont Ziskind Arbiser, vingt ans. Il fut passé par les armes le 31 mars 1942 au Mont-Valérien. Il adressa une dernière lettre à sa mère et à sa fiancée.
Son frère Moszek, né en 1920, fut déporté par le convoi no 1 le 27 mars 1942 et son père Icchok, tailleur, dans le convoi no 3 le 22 juin 1942 à destination d’Auschwitz (Pologne). Tous les deux y moururent.


L’abbé allemand Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Mardi 31.3.42
Lever 5 heures, 15 otages au Cherche-Midi (attentat du Havre). Arrivé à 6 heures du matin, une partie d’entre eux sont des Juifs du camp de Drancy, quelques communistes, et d’autres déjà condamnés par le tribunal militaire.
2 parmi eux étaient réceptifs, aucun ne s’est confessé ou n’a communié : au dernier moment seulement, là haut au fort, avons fait ensemble acte de contrition et récité les dernières prières.
Corre, A., 6, rue Laos, XVe, catholique
Decagny, Paul, cultivateur, Hétomesnil par Lihus (Oise), catholique
Carpentier, René, Moulancourt, par Ville sur Andre, catholique
Guérin, Maurice Paul, 79, rue Henri Barbusse, Clichy, catholique
Noël, Raymond, Pont St. Maxence (Oise)
Souillart, Raymond [en fait Souilliart Raymond]
Aucun d’entre eux ne pratiquait, les autres étaient communistes ou Juifs, dont pour ces derniers, Bernard Lieberman [en fait Liberman Benjamin], croyant, qui avait beaucoup fait le bien, pria et demanda ma bénédiction. Les communistes moururent : "Vive le Parti communiste, la Troisième internationale, Staline, Lénine, Rosa Luxembourg, etc." Avec les "Allons enfants". Le chef [peut-être René Sahors, note de C. Pennetier] affirma que si Dieu et le ciel existaient, alors ils accueilleraient aussi un communiste.
Une partie (7) a été inhumée au cimetière de La Garenne, les autres (8) à Courbevoie ; sépultures pas terminées, c’est pourquoi attendu 3 heures. »
Notons que sur 15 otages ne donne les noms que de 7 d’entre-eux.
Ceux manquants sont pour l’essentiel des Juifs
ainsi
Arbiser Ziskind
Banach Menachem
Gmach Markus
Ilzicer Daniel
Klein Arnost
Rabinowicz Joseph
mais aussi
Lambard Paul
Sahors René
Toulza Clément
Ce qui fait 9 et non 8 selon nos biographies. Un otage aurait échappé à l’abbé Stock. A moins que le rebelle René Sahors ait subi un sort particulier.
Sources

SOURCES : Arch. PPo, BA 2439, KB 95. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Louis Sadosky, brigadier-chef des RG, Berlin 1942, CNRS Éd., 2009. – Boris Holban, Testament. Après 45 ans de silence, le chef militaire des FTP-MOI de Paris parle..., Calmann-Lévy, 1989. – David Diamant, Combattants, héros et martyrs de la Résistance, Éd. Renouveau, 1984. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC.

Jean-Pierre Besse, Daniel Grason

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