Né le 29 juillet 1911 à Bois-Colombes (Seine, Hauts-de-Seine), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; gérant d’une imprimerie ; communiste ; résistant.

Fils de Marguerite Boitard, dix-neuf ans, Henri Boitard fut reconnu par Henri, Alexandre Daubeuf, banquier, le 27 septembre 1911. Sa mère demeurait 16 rue de Trévise à Paris (IXe arr.). Henri Daubeuf fut légitimé par le mariage de ses parents le 7 juillet 1921 en mairie du IXe arrondissement.
Henri Daubeuf débuta dans la vie professionnelle comme représentant de commerce. Il épousa en mairie du XIXe arrondissement le 24 janvier 1936 Vittoria Nenni, l’une des filles de Pietro Nenni, secrétaire du Parti socialiste italien. Le couple demeurait 22 rue Rémy-et-Jean-de-Gourmont dans l’arrondissement. Il prit la gérance de la Société française d’impressions et d’éditions qui appartenait à son beau-père.
En 1942, un militant communiste Julien Langradin fut interpellé. Lors de la fouille les policiers découvrirent sur lui des bons d’achats de carburant. Ces bons provenaient de l’imprimerie gérée par Henri Daubeuf dont l’atelier du 14 rue de Bellevue (XIXe arr.) fut perquisitionné le 19 juin 1942 par des policiers. Des débris de tracts édités par le Parti communiste en partie incinérés furent découverts. Deux ouvriers communistes imprimaient régulièrement des tracts pour l’organisation clandestine. Henri Daubeuf fut arrêté par trois inspecteurs de la Brigade spéciale (BS1) sous l’inculpation d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939.
Emmené dans les locaux de la préfecture de police, il fut interrogé dans les locaux des BS, il y resta une dizaine de jours. Sa femme Vittoria fut interpellée le 23 juin alors qu’elle rendait visite à son mari.
Avec plusieurs autres imprimeurs, typographes et linotypistes liés à l’activité de propagande du Parti communiste qui étaient interpellés, Henri Daubeuf fut incarcéré au Dépôt (dans le cadre de l’affaire Tintelin). Le 10 août 1942, les détenus au Dépôt furent emmenés au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le lendemain, 11 août, quatre-vingt-huit otages dont Henri Daubeuf furent passés par les armes au Mont-Valérien. Le même jour, le journal collaborationniste Le Matin publiait un « Avis » signé d’un responsable SS : « Malgré plusieurs avertissements, le calme a à nouveau été troublé sur certains points de la France occupée. Des attentats ont été perpétrés contre des soldats allemands par des terroristes communistes à la solde de l’Angleterre. [...] J’ai en conséquence, fait fusiller 93 terroristes qui ont été convaincus d’avoir commis des actes de terrorisme ou d’en avoir été complices. »
Le corps d’Henri Daubeuf fut incinéré au Père-Lachaise. Sa femme Vittoria fut déportée le 21 janvier 1943 de Compiègne à destination d’Auschwitz (Pologne) où elle mourut le 16 juillet de la même année.
Après la Libération Jacques Lantin, son beau-frère, déclara devant la commission d’épuration de la police : « Je ne pense pas qu’il a été frappé » par les policiers des Brigades spéciales. Il porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, KB 46, KB 49, PCF carton 13 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, 77W 1265. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Éd. de Minuit, 1995. – Le Matin, 11 août 1942. – FDM, Livre-Mémorial. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC XLV-45. – État civil, Bois-Colombes.

Daniel Grason

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