Né le 9 octobre 1900 à Pavie (Italie), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; typographe, linotypiste ; militant communiste, puis socialiste italien.

Fils d’Ernesto et d’Ermenegilda, née Grondona, Riccardo Boatti arriva en France en juillet 1927 venant de Genève (Suisse). Sans passeport, il se mit en règle avec la législation autorisant le séjour des étrangers. Sa dernière carte d’identité était valable jusqu’en janvier 1945. Il habita 19 rue de l’Atlas à Paris (XIXe arr.), puis 13 rue des Beaux-Arts (VIe arr.), et enfin en 1938, 2 villa Dancourt (XVIIIe arr.) où il vivait avec une amie, Marguerite Cattin, née en 1909 à Mulhouse (Haut-Rhin).
Il adhéra au Parti communiste italien. L’organisation prononça son exclusion en 1936 pour un motif inconnu. Riccardo Boatti rejoignit le Parti socialiste italien et exerça son métier de linotypiste à la Société française d’impressions et d’éditions (SFIE), 14 rue de Bellevue dans le XIXe arrondissement, dont le directeur était Pietro Nenni, secrétaire du Parti socialiste italien. L’imprimerie édita L’Avanti, journal des socialistes italiens et Ça ira, édité par Louis Sellier. Celui-ci, ex-secrétaire général du Parti communiste, membre du bureau politique, quitta cette organisation pour fonder en décembre 1929 le Parti ouvrier paysan (POP), puis il fut l’un des fondateurs du Parti d’unité prolétarienne (PUP) de 1930 à 1937, élu député du XVIIIe arrondissement en 1932 et 1936.
Riccardo Boatti collabora occasionnellement à ces publications, écrivit des articles sur l’histoire du marxisme, et milita à la Ligue italienne des droits de l’Homme. Pendant l’exode, il eut la responsabilité de l’imprimerie dont Henri Daubeuf, gendre de Pietro Nenni, fut ensuite le gérant. Riccardo Boatti sollicita le 15 juillet 1940 auprès de la préfecture de police l’autorisation d’éditer un dictionnaire allemand-français. Il voulait l’éditer à cinq mille exemplaires et il déposa un jeu d’épreuves.
Le 4 mai 1942, dans une note, un inspecteur des Renseignements généraux écrivait à son propos : « Bien qu’antifasciste notoire, il entretient des relations commerciales suivies avec les autorités d’occupations. » Il vendait des articles de papeterie, était en relation avec les frères André et Ladislas Lantos et Henri Daubeuf.
Riccardo Boatti, repéré lors de filatures d’inspecteurs des Renseignements généraux, fut aussi mis en cause par des imprimeurs qui travaillaient pour le Parti communiste clandestin. Deux inspecteurs des Brigades spéciales l’arrêtèrent le 25 juin 1942 à son domicile et, lors de la perquisition, saisirent quelques tracts édités par l’organisation clandestine. Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la préfecture de police, il fut interrogé, puis incarcéré à Fresnes. Le 10 août 1942, il fut livré aux Allemands au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le lendemain 11 août, quatre-vingt-neuf otages dont Riccardo Boatti étaient passés par les armes au Mont-Valérien.
Le corps de Riccardo Boatti, incinéré au Père-Lachaise, fut inhumé au cimetière communal de Thiais (Seine, Val-de-Marne). Après la Libération, le concierge de l’immeuble où il habitait confirma devant la commission d’épuration de la police la date de son arrestation.
Sources

SOURCES : Arch. PPo. KB 2, KB 21, PCF carton 13 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste, 77W 1386. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC XLV-45. – Mémorial GenWeb. – Pia Leonetti Carena, Les Italiens du maquis, Paris, Éd. Mondiales, 1968. – Notes Antonio Bechelloni.

Daniel Grason

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