Né le 14 avril 1924 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), fusillé le 22 juin 1944 à Condé-sur-Sarthe (Orne) ; employé de commerce ; résistant FTPF.

Fernand Badier
Fernand Badier était le fils de Joseph, Henri Badier né en 1902 à Guingamp (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), boulanger, et de Madelaine Le Maoût née en 1902 à Guingamp. Le couple demeurait rue Marcellin-Berthelot dans le quartier Saint-Sébastien à Guingamp.
Fernand Badier obtint son certificat d’études primaires et travailla comme employé de commerce au magasin les « Dames de France » à Guingamp. Il était en relation avec plusieurs FTP de la région de Guingamp : Charles Queillé, Charles Le Gallou, Yves Le Moigne, Francis Turquis.
Le 28 décembre 1943, un groupe armé de FTP composé de Fernand Badier, Raoul Le Moigne, Pierre Le Moigne et Armand Le Roux, s’empara des tickets d’alimentation à la mairie de Quintin. Après l’opération le groupe réussit à prendre la fuite. Recherché, Fernand Badier quitta le domicile familial de Guingamp pour rejoindre Gilbert François, un ami normand, domicilié à Damigny près d’Alençon (Orne). Ils firent partie du maquis de Vrigny au sud d’Argentan qui échappa à une rafle les 4 et 5 mars 1944.
Le 20 avril 1944, vers 12 h 30, au retour d’une mission, alors qu’ils circulaient à bicyclette, les deux jeunes gens furent interpellés à Joué-du-Bois, par trois gendarmes de Rânes, lors d’un banal contrôle. Au moment où ceux-ci s’apprêtaient à procéder à la vérification des cartes d’identité, Fernand Badier porta la main sous son aisselle gauche et saisit son automatique 7,65 mm. Il fut aussitôt maîtrisé par deux gendarmes tandis que leur collègue tint en respect avec son arme Gilbert François qui tenta d’esquisser un geste en direction de son porte-bagages. Dans une couverture roulée et fixée sur le porte-bagages, les gendarmes saisirent un pistolet-mitrailleur Sten démonté ainsi que deux chargeurs garnis. Gilbert François fut trouvé porteur d’une fausse carte d’identité au nom de Pierre Papillon. En fouillant Fernand Badier, les gendarmes découvrirent en sa possession deux fausses cartes d’identité au nom de Jacques Delormy, étudiant à Alençon, et de Jacques Lannaire, domicilié à Tru.
Sur ordre du capitaine Laplanche, les deux jeunes gens furent conduits à Argentan puis incarcérés à la maison d’arrêt au terme d’un premier interrogatoire. Laplanche rendit immédiatement compte par téléphone à son commandant de compagnie avant d’établir son rapport en deux exemplaires destinés à sa hiérarchie et aux autorités allemandes, « selon les instructions en vigueur ».
Le lendemain, la police allemande s’empara de Gilbert François et de Fernand Badier qui furent condamnés à la peine de mort par le tribunal allemand FK 916 d’Alençon et fusillés le 22 juin 1944 à 17 heures à Condé-sur-Sarthe (Orne) avec deux autres camarades du maquis de Trun, à la carrière de la Galochère, sous l’inculpation de « franc-tireur ». À la suite de cette arrestation, les trois gendarmes firent l’objet d’une proposition de récompense et obtinrent chacun une gratification de cinq cents francs.
Fin août 1944, il fut procédé à l’exhumation des corps dans cette carrière où quinze résistants du maquis de Courcerault (Orne) furent également fusillés. Gilbert François et Fernand Badier furent doublement identifiés par la petite médaille de Sainte-Thérèse que Mme François leur avait fait passer à la prison et qu’ils portèrent sous leur chemise.
Le nom de Fernand Badier figure sur la stèle de la Galochère à Condé-sur-Sarthe avec 18 autres fusillés, sur Une plaque du stade Charles-de-Blois, rue du Maréchal-Joffre à Guingamp.
Site des Lieux de Mémoire du Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 2W85. – L’Ouest-Éclair, 26 avril 1944. – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Témoignage de la sœur de Fernand Badier, Mme Marie-Thérèse Petit recueilli en février 2011 à Ploumagoar (Côtes-d’Armor). – Photo de Fernand Badier recueillie auprès de sa sœur Mme Marie-Thérèse Petit. – État civil, Saint-Brieuc.

Alain Prigent, Serge Tilly

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