Né le 16 novembre 1921 à Paris (Xe arr.), fusillé par condamnation le 21 octobre 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; instituteur puis rédacteur auxiliaire à l’Imprimerie nationale ; militant communiste ; résistant.

Fils d’André Beraut, typographe et de Jeanne, née Démésy, employée de commerce, Gaston Beraut fit sa scolarité à Villiers. Boursier, il entra au lycée Rollin. Bachelier ès lettres et ès sciences en 1939, il devint instituteur auxiliaire à Houdan. Il essaya également de préparer une licence à la Faculté des sciences de Paris. Il finit par entrer comme rédacteur à l’Imprimerie nationale.
Il demeurait avec sa mère dans un pavillon au 6 avenue Lucie à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) ; il était le neveu de Georges Démésy. Membre du Parti communiste, il épaulait Émile Démésy frère de Georges. Beraut avait adhéré au Comité Amsterdam-Pleyel en 1939. Mais, heurté par le pacte germano-soviétique, il avait décidé de suivre les cours de préparation militaire de l’Ecole militaire, pour devenir officier de réserve.Il a participé à la manifestation parisienne du 11 novembre 1940.
La police allemande, certainement informée, demanda à la police française de surveiller Georges et Odette Démésy soupçonnés de diffuser de la propagande communiste. Le jeudi 13 août 1942, plusieurs inspecteurs des Renseignements généraux interpellaient quatorze personnes dont Gaston Beraut. Lors de la perquisition de son domicile, des tracts furent saisis dont un numéro de L’Avant-Garde de juillet 1942 ayant pour titre : « En avant pour le deuxième front » et deux listes de souscription vierges qui devaient servir à collecter selon la police des fonds « en faveur des Francs-tireurs ».
L’interrogatoire eut lieu dans les locaux des Brigades spéciales ; la procédure fut transmise à la Geheimfeldpolizei (GFP). Gaston Beraut fut livré aux Allemands, incarcéré à la prison de la Santé, puis à Fresnes. Le directeur de l’Imprimerie nationale, Blanchot, téléphona le 9 septembre 1942 à la direction des Renseignements généraux, il déclara que Gaston Beraut était « un garçon neurasthénique, mal équilibré, diminué intellectuellement et physiquement » ; il précisa que Beraut avait tenté de se suicider et que la trace de cette tentative se trouvait à l’hôpital Boucicaut. Pendant la guerre Blanchot intervint souvent auprès des autorités pour faire libérer des employés de l’Imprimerie nationale.
Jugé le 10 octobre 1942 par le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.), condamné à mort pour « aide à l’ennemi », Gaston Beraut fut passé par les armes le 21 octobre au stand de tir du XVe arrondissement. Il fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), division 39, ligne 2, tombe 85.
Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) était en dehors du ressort de la préfecture ; personne de sa famille ne fut convoqué après la Libération pour témoigner sur les circonstances de son arrestation devant la commission d’épuration de la police.
Inhumé dans le carré militaire du cimetière communal de Villiers-sur-Marne, Gaston Beraut a son nom inscrit sur le monument aux morts de la ville. Le ministère des Anciens Combattants lui accorda la mention « Mort pour la France » et le titre d’Interné Résistant.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., KB 10, KB 18, 77W 399, 77W 3121. – SHD GR 16 P 48928. - DAVCC, Caen (Notes Delphine Leneveu). – Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la deuxième guerre mondiale. Paris : A compte d’auteur, p. 81. - Mémorial GenWeb. – État civil (Xe arr.).

Daniel Grason mise à jour par Marie-Cécile Bouju

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