Né le 5 mars 1924 à Paris (XXe arr.), fusillé par condamnation le 23 octobre 1943 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de Seine) ; ouvrier fraiseur, agent de liaison de la Défense passive ; résistant dans les FTPF.

Georges Bauce
Fichier de l’Association des familles de fusillés, Musée de la résistance nationale
Fils de Georges, employé aux Transports en commun, et de Raymonde, née Wever, ménagère, Georges Bauce demeurait chez ses parents, 13 avenue Solon à Stains (Seine, Seine-Saint-Denis). Il était pendant la guerre membre des Groupes spéciaux d’exécution (GSE). Membre du détachement Marceau, il participa à de nombreux attentats entre février et juillet 1943, très souvent avec Auguste Eude dit Rouen.
En février, ils participèrent à deux actions à Stains : sciage d’un poteau de balisage, incendie de piles de bois dans une scierie. Le 9 mars, une bombe incendiaire fut jetée dans un garage réquisitionné par les Allemands rue Paul-Bert à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis), et des charges explosives furent placées sur les voies ferrées près d’Orry-la-Ville (Oise) et de Trilport (Seine-et-Marne).
Le 4 avril, ils déposèrent une charge explosive sous un rail face à la gare des Godillot à Saint-Ouen (Seine, Seine-Saint-Denis). Le service de déminage vint sur place, vers 9 h 55, un ingénieur chimiste tenta de désamorcer l’engin... qui explosa le tuant ainsi qu’un gendarme ; deux brigadiers furent blessés. Le même mois, l’un des deux hommes matraqua un cheminot allemand boulevard Ornano à Paris (XVIIIe arr.).
En mai, l’un tira sur un entrepreneur de Champigny-sur-Marne, et des employés municipaux d’Arcueil accompagnés d’un gardien de la paix furent délestés des titres de rationnement qu’ils transportaient. Le 8 juin, Henri Mellet, ex-maire-adjoint communiste de Vigneux (Seine-et-Oise, Essonne), déchu de son mandat en 1939, considéré comme traître et dénonciateur, fut abattu. Le 24 vers 9 heures à la station de métro Javel, l’un tira sur Jean Demerval, industriel, touché par deux balles qui perforèrent ses intestins. Il murmura avant de mourir à l’hôpital Boucicaut : « C’est une erreur. » Le lendemain les FTP attaquèrent le centre de distribution de tickets de rationnement du Perreux. Le 11 juillet 1943, Georges Bauce, Auguste Eude et un troisième homme s’introduisirent dans le deuxième sous-sol du 7 rue Castellane dans le VIIIe arrondissement où étaient stockées des cartes d’alimentation. L’un des FTP menaça le surveillant du lieu de son revolver ; l’homme prit peur et s’enfuit en criant ; le FTP tira... ce qui donna l’alerte. Les trois FTP prirent la fuite, poursuivis par des locataires, un gardien de la paix et un garde républicain. Auguste Eude et Georges Bauce furent rattrapés et maîtrisés. Le premier portait un revolver, le second trois.
Remis aux inspecteurs de la BS2, Georges Bauce fut interrogé dans les locaux des Brigades spéciales. Le domicile de ses parents fut perquisitionné où les policiers saisirent des plans d’attentats, plusieurs fausses pièces d’identité et des feuilles de rationnement. Dans un local à Aulnay-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis), les policiers trouvèrent une automobile volée et une mitraillette Sten avec des chargeurs complets.
Livré aux Allemands, il fut incarcéré à Fresnes (Seine, Val-de-Marne) ; Georges Bauce, dix-neuf ans, comparut le 15 octobre 1943 devant le tribunal du Gross Paris, rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « activités de franc-tireur », il fut passé par les armes le 23 octobre ainsi qu’Auguste Eude.
Inhumé dans le carré des corps restitués aux familles au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), après la Libération, il fut ré-inhumé dans le cimetière communal de Stains. Georges Bauce fut reconnu comme sergent FTP et une rue de Stains porte son nom.
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Dernière lettre
 
Prison de Fresnes, le 23 octobre, 1943
Chers parents,
Lorsque vous recevrez cette lettre, je serai exécuté.
Je vous demande d’être tous courageux et de penser un peu à moi. Je remets les pleins pouvoirs à mon frère André pour veiller à l’instruction de tous ses petits frères et sœurs au cas où un accident viendrait à survenir soit à ma mère soit a mon père. J’espère qu’il saura s’acquitter de cette tâche avec dévouement. Pour mes parents, je leur demande de penser un peu à moi et surtout de surveiller l’éducation de mes petits frères et sœurs ; pour mon frère Claude, je vous demande de faire de ce futur homme un garçon d’une grande intelligence et de pourvoir, si cela est son désir, à la poursuite de ses études et de lui parler souvent, de moi, car en ce qui me concerne je ne puis rien regretter.
Je suis resté dans mon idéal toujours droit et honnête jusqu’au bout ; nous sommes tous courageux et nous vous quittons pleins d’espoir en un avenir meilleur et radieux pour vous ; c’est la certitude, d’y avoir contribué qui nous réconforte.
Soyez courageux car nous avons une belle mort, il vous faut beaucoup plus de courage à vous, pour continuer de vivre, qu’à moi pour quitter la vie, et c’est pour cela que je supplie tous mes amis de vous accorder leur sollicitude en récompense de notre sacrifice.
Votre fils qui vous quitte, en criant face aux Boches : "Vive la France, mon pays ! "
Adieu à tous.
Georges Bauge
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 1748, BA 1752, BA 2117, BA 2298, PCF carton 8 activité communiste pendant l’Occupation, PCF carton 15 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, Boîte 5 (Notes Thomas Pouty). – Le Matin, 25 juin 1943, « Un industriel parisien est abattu de deux coups de revolvers dans une station de métro ». – Lettres de fusillés, Éditions France d’Abord, 1946. — Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XXe arr.).

Daniel Grason

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