Né le 19 février 1925 à Toulouse (Haute-Garonne), fusillé le 2 juin 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; facteur télégraphiste aux PTT ; résistant FTPF.

Fils de Joseph, boulanger, et de Félicie, née Barguès, Jean Calvet vivait 12 avenue Marcelin-Berthelot à Choisy-le-Roi (Seine, Val-de-Marne). Il rejoignit les FTPF en juin 1943 et prit le pseudonyme de Jean, matricule 5624. Il dirigeait l’un des deux groupes du détachement Alsace-Lorraine. Il donna notamment l’ordre de tuer Pierre Blain soupçonné à tort d’avoir dénoncé Jean Bonnefoix, membre de l’organisation clandestine. Les trois FTPF qui accomplirent la mission, Georges Ruet, Jean Bosc et Maurice Tinseau, furent arrêtés le 8 février 1944.
Le même jour, Jean Calvet fut interpellé par des inspecteurs de la BS2, et trouvé porteur de trois tracts ronéotypés de l’organisation, d’un coup de poing américain, d’un chargeur de pistolet calibre 7,65 mm et de notes manuscrites. Il prétendit qu’il n’avait participé qu’à la destruction d’un poteau indicateur à Choisy-le-Roi.
Incarcéré à Fresnes, il comparut le 22 mai 1944 devant le tribunal du Gross Paris rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Il fut condamné à mort pour « action de franc-tireur », et passé par les armes le 2 juin 1944 au Mont-Valérien en même temps que Jean-René Bosc*. Ils sont , semble-t-il, les derniers fusillés du Mont-Valérien.
Son nom figure sur le monument aux morts de Choisy-le-Roi. Jean Calvet fut décoré de la Croix-de-Guerre et reconnu chef de groupe FTP à titre posthume par le ministère des Anciens Combattants.
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Dernière lettre
 
Fresnes, le 2 juin 1944
Chers parents,
Je viens d’apprendre que nous allons être fusillés cette après-midi à trois heures, donc cette lettre sera la dernière.
Je serai courageux jusqu’au bout ; bien que cette nouvelle soit dure à vous annoncer, je le fais fermement.
Je, vous demande surtout de tâcher de consoler Jeannine ; je vous en remercie.,
Je vous écris il est onze heures et demie. Les quelques heures qu’il me reste à vivre, je vais penser à vous,’ ainsi qu’à la France, ma noble Patrie ; je meurs pour une cause juste. J’espère que la guerre va bientôt finir et que notre sacrifice n’aura pas été vain.
Chers parents, je ne vous reverrai plus, supportez votre deuil aussi courageusement que moi ma sentence. ,
Je ’ne sais plus quoi vous dire, je vais terminer ma lettre en vous disant adieu, que je vous aime et penserai à vous toujours.
Je vous envoie mes derniers et affectueux baisers.
Adieu. Vive la France !
Votre fils bien-aimé Jean
Sources

SOURCES : Arch. PPo., PCF carton 8, activité communiste pendant l’Occupation, PCF carton 16, rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, Boîte 5 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Toulouse.

Daniel Grason

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