Né le 5 janvier 1903 à Noyelles-sur-Mer (Somme), fusillé le 22 septembre 1943 à Biard près de Poitiers (Vienne) ; manutentionnaire ; résistant.

Fils de Léopold, cordonnier, et de Jeanne Jumel, ménagère, domicilié à Amiens (Somme), Jean Petit était marié à Germaine Guilbault et père de six enfants : Jeanne, née en 1922 ; Jean en 1926 ; Paul en 1927 ; des jumeaux, Jacques et René, en 1934 ; et Pierre, en 1937.
Jean Petit, alias Maurice Ropiquet, s’engagea très tôt dans la Résistance puisqu’ « il fut l’organisateur des tout premiers déraillements de trains militaires allemands dans le Calvados en décembre 1941 » selon Albert Ouzoulias, et son « adjoint comme commandant militaire national des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) » (attestation du 23 avril 1954), commandant de subdivision des Francs-tireurs et partisans (FTP) pour les régions de l’ouest de la France occupée (Bretagne, notamment dans l’Ille-et-Vilaine – où était installé l’état-major régional des FTP pour l’Anjou et le Poitou, illégal à compter du 6 février 1942). Au moment de son arrestation, il reconnut être responsable interrégional pour les départements de la Loire-Inférieure, du Maine-et-Loire, de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée, en contact avec Jean-Louis Bernier, Michel Couet, Nérone Fontanot et Stephan Kucharik.
Ce furent les aveux de Stephan Kucharik (arrêté le 20 juillet 1943) qui provoquèrent des arrestations en cascade par les policiers de la Section des affaires politiques (SAP) de Poitiers, dont celles de Jean-Louis Bernier (alias Anselme) à Mairé-Levescault le 25 juillet et de Jean Petit, avec lequel il avait rendez-vous, le 26 juillet à Orléans, par la police française et la Gestapo, dans la navette ferroviaire entre la ville et la gare des Aubrais – avec Nerone Fontanot, fusillé le 27 septembre 1943 à Biard, et Gabrielle Thébault, qui survécut à sa déportation à Ravensbrück et put témoigner des causes et des circonstances précises de l’arrestation.
Incarcéré à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers, Jean Petit fut torturé par la Gestapo sous la direction de Degner, puis condamné à mort pour « sabotages et attentats contre l’armée allemande, chef d’organisation terroriste » par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 677, fusillé au champ de tir de Biard le 22 septembre 1943 et inhumé à Croutelle, près de Poitiers. Reconnu « Mort pour la France » et « Interné Résistant », il fut homologué au grade de lieutenant-colonel des Forces françaises de l’intérieur (FFI). Une cité porte son nom à Amiens et son nom est gravé sur une plaque « A la mémoire des Résistants des quartiers Beauvais-Châteaudun morts pour la France, 1940-1945 », accompagné de la mention « Colonel FFI-FTPF ».
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Vienne, 1921W8. – ONAC 86. – Liste des morts pour la France de la Somme.

Dominique Tantin

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