Né le 12 janvier 1923 à Challain-la-Potherie (Maine-et-Loire), fusillé le 13 décembre 1943 à Belle-Beille (commune d’Angers, Maine-et-Loire) ; ouvrier agricole ; résistant FTPF du Maine-et-Loire.

Fils de Julien Alix, cultivateur, Gabriel Alix était ouvrier agricole dans une ferme de Pruillé (Maine-et-Loire), où il aidait une femme dont le mari était parti au Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne.
Membre du Front national et des FTP, il participa à la distribution de tracts anti-allemands, à des sabotages sur les voies ferrées. Il fit aussi partie de l’équipe FTPF qui incendia le parc à fourrage, place Chanzy, à Angers, durant la nuit du 19 au 20 novembre 1942, avec, entre autres, Michel Muzard, Octave Delage et Raymond Duchesne.
Dans la nuit du 16 au 17 juin 1943, avec Roger Pelluau, André Moine, Pierre Porcher, Alfred Clément* et Julien Alix, son père, il attaqua la mairie de Vern (Maine-et-Loire). L’objectif était de récupérer des tampons, des tickets de ravitaillement, du matériel de bureau, comme des machines à écrire, etc. Sur le chemin du retour, vers 3 h 50, alors qu’ils rentraient à bicyclette, ils furent arrêtés par deux soldats allemands en patrouille au lieu-dit La Maison neuve, sur la route de Brain-sur-Longuenée à Gené (Maine-et-Loire). Roger Pelluau et André Moine sortirent leur arme et, en tirant, blessèrent les sentinelles. Les coups de feu dans la nuit donnèrent l’alerte, puisqu’une troupe allemande stationnait non loin. Le groupe de FTPF s’enfuit à travers champ.
Ils revinrent, couverts d’égratignures, dans la ferme familiale au lieu-dit La Perottière à La Membrolle-sur-Longuenée (Maine-et-Loire). Mais les agents de la 4e brigade régionale de la police mobile d’Angers trouvèrent une mallette sur le vélo abandonné par Pierre Porcher dans sa fuite. Outre des effets personnels, celle-ci renfermait une liste de garçons de l’École normale d’Angers. Les policiers n’eurent plus qu’à remonter la piste.
Gabriel Alix fut arrêté le 6 juillet 1943, à Pruillé chez son employeuse, le même jour que ses parents. Une fois son enquête close, la police française le remit aux autorités militaires allemandes. Il fut alors incarcéré à la prison du Pré-Pigeon à Angers (Maine-et-Loire) dans le quartier allemand. Le 1er décembre 1943, il fut condamné à mort par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 595 d’Angers après avoir été reconnu auteur de cambriolages de mairies à main armée.
Le 13 décembre 1943, sorti de sa cellule, il fut conduit à la clairière de Belle-Beille à Angers, où il a été fusillé avec Adrien Tigeot, André Moine, Pierre Porcher, Maxime Bacquet, Alfred Clément* et son père Julien Alix. Il était célibataire.
Il fut ensuite inhumé dans le cimetière de l’Est à Angers, dans le carré 12, rang 7 et fosse 1. Aujourd’hui, il repose avec son père dans une concession du carré 27B, dans le même cimetière.
Gabriel Alix fut homologué, à titre posthume, au grade de sergent FFI. Il reçut aussi le titre d’interné de la Résistance. Tous les troisièmes dimanches du mois d’octobre, une cérémonie a lieu devant le monument des fusillés de Belle-Beille au cours de laquelle son nom est cité. Une rue d’Angers a été baptisée « rue Gabriel et Julien Alix ».
Sources

SOURCES : Arch. Dép. Maine-et-Loire, 77 W 48, 181 J 50, 303 W 289-290, 303 W 293. – DAVCC, Caen. – Arch. mun. Angers, 4H103. – Sigot Jacques, Histoire (et histoires) des rues d’Angers. – État civil. – Registre des inhumations du cimetière de l’Est à Angers. – Entretien entre Yves Chevallier et Julienne Caillaud-Alix (sœur de Gabriel Alix), le 23 novembre 1999 à Cholet. – Arch. Yves Chevallier : Dernière lettre de Gabriel. – Note Jean-Pierre Besse.

Bertrand Gogendeau

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