Né le 18 novembre 1891 à Châtellerault (Vienne), fusillé le 19 juin 1943 au champ de tir de Biard près de Poitiers (Vienne) ; tourneur et mécanicien à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault ; résistant de l’Organisation spéciale (OS) et FTPF.

Fils d’un forgeron, Roger Aubugeau, domicilié à Châtellerault, se maria à Puteaux en mai 1912 à Yvonne, Marie Gauthier puis se remaria à Châtellerault à Marguerite Reveillault en novembre 1919. Père de deux filles, l’une naquit à Puteaux en 1912, l’autre à Châtellerault en 1920.
Roger Aubugeau appartint à l’OS puis aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Châtellerault, dès avril 1941. Ouvrier à la Manufacture nationale d’armes placée sous contrôle de l’occupant pour produire pour la machine de guerre nazie, il entra en contact avec d’autres employés communistes ou sympathisants qui, dès l’automne 1940, constituèrent un embryon de résistance châtelleraudaise. Si l’information clandestine constitua leur activité première, ils effectuèrent aussi des sabotages, des collectes de fonds pour les familles d’internés, sans oublier des actes de résistance passive à portée d’un nombre plus conséquent d’ouvriers.
Roger Aubugeau participa à la diffusion de tracts et au recrutement de jeunes pour grossir les rangs des FTP de Châtellerault. Consécutivement à une mission de transport d’armes, il fut arrêté par la Gestapo – en même temps que Robert Gaillard – alors qu’il occupait son poste de travail à la « Manu » le 17 février 1943. Il fut arrêté « pour activités communistes et détention d’armes ».
Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Poitiers (FK 677) le 16 juin 1943, il a été fusillé sur le champ de tir de Biard le 19 juin 1943 avec quatre autres camarades (Jean Chiquet, Eugène Roux, Robert Gaillard et Pierre Tavernier). Fait exceptionnel, les autorités d’occupation diffusèrent dans la presse locale l’avis d’exécution de ces hommes. Il fut inhumé dans le cimetière de Buxerolles (Vienne).
À la Libération, il fut homologué sergent des Forces françaises de l’intérieur.
Son corps, avec celui de ses sept camarades de la Manu fusillés sur le champ de tir de Biard, fut rapatrié dans le carré des fusillés dans le cimetière de Châteauneuf à Châtellerault par la section locale du Parti communiste le 10 novembre 1944. Le 30 novembre 1944 furent célébrées des funérailles officielles.
Son nom est inscrit sur le monument érigé à la mémoire des cent vingt-huit fusillés sur le champ de tir de Biard, inauguré le 8 mai 1949, et sur le monument des martyrs de la Résistance à Châtellerault. Une rue porte son nom à Châtellerault.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Vienne 1921W4. – Marie-Claude Albert, Châtellerault sous l’Occupation, La Crèche, Geste Éd., 2005. – Au nom de la Résistance, hommage aux 128 fusillés, coll. Centre régional « Résistance & Liberté » et MIMC Office national des anciens combattants Vienne, Poitiers, 2013.

Virginie Daudin

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