Né le 28 juillet 1889 à Éperlecques (Pas-de-Calais), fusillé le 5 avril 1944 à Arras (Pas-de-Calais) ; instituteur retraité puis directeur de pêche ; franc-maçon ; résistant de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Paul Caron
Robert Chaussois, Calais au pied du mur Mars 1943 janvier 1944, op. cit.
Paul Caron obtint la Croix de guerre lors du premier conflit mondial. Marié à une institutrice, il avait deux enfants. Également instituteur, il fut mis à la retraite en 1940 pour des raisons de santé. Domicilié à Calais (Pas-de-Calais), 2 rue du Texas, il était le responsable local de l’OCM avec le grade de capitaine sous le pseudonyme de « Piot ».
Chargé notamment des renseignements sur les défenses allemandes sur les côtes du Pas-de-Calais, il se fit embaucher par les Allemands comme directeur de pêche, ce qui lui permettait d’avoir accès à certains documents et à certaines informations. Il transmit des plans de Calais et des ouvrages fortifiés.
Il fut arrêté, le 30 décembre 1943, au cours d’une vaste opération de la police allemande frappant le mouvement OCM dans le Nord-Pas-de-Calais. Au total, une trentaine de résistants furent arrêtés dans les mêmes conditions. Convoqué à la Kommandantur de Calais, il ne devait pas en ressortir. Il fut alors interné à la prison allemande du Pont-Lottin à Calais puis transféré, en janvier 1944, à Arras. Accusé d’espionnage, Paul Caron fut alors remis entre les mains de « l’ange gardien des V1 », cet appareil répressif secret installé à Arras depuis décembre 1943 et exclusivement chargé de la protection des constructions spéciales en France. Caron fut interné dans une des cellules de l’hôtel du Commerce d’Arras, siège de l’Abwehr. Le service de contre-espionnage y avait rassemblé les principaux responsables de l’OCM, dont Paul Caron, et les confronta tour à tour avec Roland Farjon. Celui-ci, responsable de l’OCM pour la Zone nord, avait été arrêté le 23 octobre 1943, en possession de la liste des membres de son organisation. Il leur conseilla, pour, dit-il, leur éviter la torture, de ne rien cacher puisque les Allemands étaient déjà informés.
C’est vraisemblablement le 5 avril 1944 que Paul Caron comparut, avec onze de ses camarades résistants, devant le tribunal spécial du 65e corps d’armée allemand qui siégeait alors à la caserne Schramm d’Arras. Condamné à mort, il fut exécuté le jour même dans le plus grand secret dans les fossés de la citadelle avec onze figures de la résistance locale et nationale, notamment Alfred Touny et Jean Cavaillès.
Les corps sans sépulture furent retrouvés, le 23 octobre 1944, après la libération d’Arras à la suite de sondages dans une fosse commune soigneusement dissimulée par les nazis. Ils n’ont été identifiés (notamment par le Commandant Lhermitte, responsable de l’OCM) que par des détails de leur physique ou de leurs vêtements.
Paul Caron était membre du Grand-Orient de France, loge « Indépendance et Progrès » de Calais, et son nom figure sur le mémorial du 16 rue Cadet à Paris (IXe arr.)
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, 21P 277082. – Fonds « Michel Rousseau » (La Coupole) – Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 5022/1. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit. – Gilles Perrault, La longue traque, Éd. J.-C. Lattès, 1975. – Mémorial GenWeb. – Notes René Vandenkoornhuyse. – Laurent Thiery, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, p. 239-257.

Jean-Pierre Besse, Christian Lescureux, Laurent Thiery

Version imprimable