Né le 26 juin 1922 à Busard (Orne), fusillé le 20 juin 1944 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; manœuvre dans l’industrie ; membre du groupe Vengeance ; résistant.

Fils d’Olga Daguel, dix-sept ans, Timothée Castanon fut reconnu par sa mère le 3 septembre 1922 et par son père Lorenzo Castanon le 5 septembre. Il fut légitimé par le mariage de ses parents le 27 mars 1931 en mairie d’Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise). Manœuvre dans une entreprise, il demeurait dans la ville.
Avec son frère Laurent*, Noël Seilly, Robert Goutte, Roger Letiec, Philippe Letailleur, Maurice Tatinclaux, Roger Barette, Jules Menigoz et René Gaigne, il participa à plusieurs vols. Un boulanger d’Argenteuil fut délesté de douze mille francs ; un autre homme de cent quatre-vingt mille francs ; une attaque à Pierrelaye rapporta huit mille francs.
Le groupe organisa un braquage le jour de la paie des salariés de l’entreprise de téléphonie SAGEM à Argenteuil. En Traction Avant Citroën, ils coincèrent l’automobile apportant les fonds le 21 janvier 1944 vers 10 heures du matin en pleine rue. Sous la menace de mitraillettes, ils se firent remettre la sacoche par le comptable, butin : un million huit cent mille francs. Le journal collaborationniste Le Matin titra : « Mitraillettes au poing, des bandits arrêtent une automobile et s’emparent de 1 800 000 francs. »
Les membres de l’équipe prétendaient agir au nom de la Résistance. Timothée Castanon, bien que membre du réseau de Résistance Vengeance, travaillait pour son compte. Le groupe possédait entre autres six automobiles acquises grâce au produit des vols. Arrêté courant février 1944 par la police nationale pour « complicité de vols à main armée », il fut livré aux autorités d’occupation et incarcéré à Fresnes. Ses parents Laurenzo et Olga furent interpellés pour « menées terroristes et complicité ».
Timothée Castanon fut jugé le 8 juin 1944 par le tribunal du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) ; il fut condamné à mort pour « vols et banditisme » et exécuté le 20 juin 1944 au stand de tir du ministère de l’Air.
Après la Libération, il fut inhumé dans le carré militaire du cimetière d’Argenteuil, le maire de la ville intervint pour que le corps fut exhumé et enterré ailleurs sous le motif qu’il n’était pas résistant.
Thimothée Castanon sera homologué au titre des Forces Françaises Combattantes (FFC) d’obédience gaulliste.
Sources

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, BA 2117. – Arch. DAVCC Caen, boîte 5 B VIII dossier 5 (notes de Thomas Pouty). – Bureau Résistance GR 16 P 110856. – Le Matin, 22 janvier 1944. – Témoignage de Claire Brard, Argenteuil. – État civil, Busard.

Daniel Grason

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