Né le 28 janvier 1913 à Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre), fusillé le 4 mai 1944 sur le champ de tir de Biard près de Poitiers (Vienne) ; manœuvre spécialisé à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault (Vienne) ; résistant FTPF.

Fils de marchands forains, père de deux enfants nés respectivement en 1939 et 1942 et domicilié à Châtellerault, Charles Plessard fut démobilisé le 30 juillet 1940.
Charles Plessard, dit « Charlot », s’employa dès la réquisition de la Manufacture nationale d’armes par l’occupant à saboter la production en la ralentissant. Avec Louis Coste et Robert Decosse, il fut à l’origine du sabotage du canon antiaérien allemand de 77.
Intégré aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) depuis juillet 1943, il fut désigné responsable des groupes FTPF de la Manufacture et placé sous l’autorité du colonel Sidou, responsable FTPF de la 9e région, et du commandant Arnett. Outre la perception des cotisations des membres du Parti communiste clandestin pour les remettre au responsable politique régional, « Antoine », il devait d’une part veiller à leur coordination avec les groupes du Front national, d’autre part assurer la liaison avec des groupes mobiles FTPF de Champigny-le-Sec et d’Ingrandes (Vienne). Il transporta des armes et constitua des dépôts. Avec son groupe, Charles Plessard participa aux sabotages d’une centrale électrique, de câbles téléphoniques, de voies de communication sur la ligne Paris-Bordeaux à hauteur de Dissay (Vienne) et d’Ingrandes. En Châtelleraudais, la multiplication des actes de sabotage, dont celui d’un train de permissionnaires allemands à Ingrandes le 18 mars, provoquèrent une surveillance accrue des services répressifs.
Le matin du 24 mars 1944, la Section des affaires politiques de Poitiers, la Sipo-SD et la Feldgendarmerie investirent la Manufacture. Ils arrêtèrent Charles Plessard et ses camarades, Louis Coste, Gabriel Georges, Robert Decosse. Menottes aux mains, ils traversèrent la cour encadrés par des policiers. Incarcéré à la prison de la Pierre-Levée (Poitiers, Vienne), Charles Plessard fut condamné à mort par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 677 (FK 677) de Poitiers et fusillé sur le champ de tir de Biard le 4 mai 1944 à 18 heures avec ses camarades Henri Batonnier, Roland Bernier, Jean Fritsch et René Proust du groupe de Champigny-le-Sec. Il fut inhumé au cimetière de Vouneuil-sous-Biard près de Poitiers.
Son corps, avec celui de sept camarades de la Manufacture fusillés sur le champ de tir de Biard, fut rapatrié dans le carré des fusillés dans le cimetière de Châteauneuf à Châtellerault par la section du Parti communiste le 10 novembre 1944. Le 30 novembre 1944 furent célébrées des funérailles officielles. Son nom est inscrit sur le monument érigé à la mémoire des 128 fusillés sur le champ de tir de Biard, inauguré le 8 mai 1949, et sur le monument des martyrs de la Résistance à Châtellerault.
Une rue porte son nom à Châtellerault.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Vienne, 1921W8. – Marie-Claude Albert, Châtellerault sous l’Occupation, La Crèche, Geste Éd., 2005. – Au nom de la Résistance, hommage aux 128 fusillés, coll. Centre régional « Résistance & Liberté » et MIMC Office national des anciens combattants Vienne, Poitiers, 2013.

Virginie Daudin

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