Né le 29 avril 1919 à Châtellerault (Vienne), fusillé le 19 juin 1943 au champ de tir de Biard près de Poitiers (Vienne) ; tourneur et dresseur de canon à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault ; résistant de l’Organisation spéciale (OS) et FTPF.

Né d’un père tourneur sur métaux et d’une mère couturière, Pierre Tavernier, dit « Tatave », marié, appartint à l’OS puis aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de Châtellerault du 1er mai 1942 au 18 octobre 1942. La Manufacture nationale d’armes de Châtellerault, placée sous une double direction franco-allemande et contrainte de produire pour la machine de guerre allemande, abrita le premier embryon de résistance châtelleraudaise. C’est une minorité, au maximum quarante employés, surtout des jeunes communistes et sympathisants, dont quelques femmes, qui s’engagèrent contre l’occupant à l’automne 1940. Si l’information clandestine constitua leur activité première, ils effectuèrent aussi des sabotages, des collectes de fonds pour les familles d’internés, sans oublier les actes de résistance passive à portée d’un nombre plus important d’ouvriers. Pierre Tavernier participa aux sabotages sur la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux dans la région de Châtellerault et sabota de nombreuses liaisons téléphoniques.
Arrêté pour activités communistes et détention d’armes le 28 mai 1943, il fut interné à la prison de la Pierre-Levée, à Poitiers. Pierre Tavernier fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Poitiers (FK 677) le 16 juin 1943 et fusillé sur le champ de tir de Biard le 19 juin 1943, avec quatre autres camarades, Jean Chiquet, Eugène Roux, Robert Gaillard et Roger Aubugeau. Fait exceptionnel, les autorités d’occupation diffusèrent dans la presse locale l’avis d’exécution de ces hommes. Pierre Tavernier fut inhumé dans le cimetière de Buxerolles.
Son corps, avec celui de ses sept camarades de la « Manu » fusillés sur le champ de tir de Biard, fut rapatrié dans le carré des fusillés dans le cimetière de Châteauneuf à Châtellerault, par la section du Parti communiste le 10 novembre 1944. Le 30 novembre 1944 furent célébrées des funérailles officielles.
Son nom est inscrit sur le monument érigé à la mémoire des 128 fusillés sur le champ de tir de Biard, inauguré le 8 mai 1949, et sur le monument des martyrs de la Résistance à Châtellerault.
Une rue porte son nom à Châtellerault.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Vienne, 1921W4. – Marie-Claude Albert, Châtellerault sous l’Occupation, La Crèche, Geste Éd., 2005. – Au nom de la Résistance, hommage aux 128 fusillés, coll. Centre régional « Résistance & Liberté » et MIMC Office national des anciens combattants Vienne, Poitiers, 2013.

Virginie Daudin

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