Né le 6 novembre 1921 à Guilligomarch (Finistère), fusillé après condamnation à mort le 30 juin 1944 à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) ; carrier ; résistant FTPF.

À la Maltière en Saint-Jacques-de la-Lande
SOURCE : Photos Husson
Jean Kerangoarec était le fils de Mathurin Kerangoarec et de Louise Zaoutey, cultivateurs dans le bourg de Guillogomarch (Finistère). Il exerçait la profession de carrier et était réfugié à Guern (Morbihan).

Il rejoignit les Francs-tireurs et partisans français (FTPF) sous le pseudonyme d’Étienne, organisa des maquis dans le secteur de Baud et commanda une des premières compagnies FTPF du Morbihan, qui devinten avril 1944 la compagnie Lanquetil, du nom d’un résistant d’Inguiniel, François Lanquetil, fusillé à Vannes le 23 mars 1944. Après la mort de Jean Kesler et de Maurice Devillers, commissaires aux opérations et aux effectifs au sein du Comité militaire régional (CMR), qui furent tués en action le 14 avril 1944, Jacques Féret fut nommé commissaire aux opérations et prit comme adjoint Jean Kerangoarec, tandis que Pierre Chevalier était nommé commissaire aux effectifs.
Le 22 mai 1944, Jean Kerangoarec, Pierre Chevallier, Jacques Féret et leur chauffeur Théo Esvan furent capturés à Saint-Nicolas-des-Eaux (Morbihan) par une patrouille de Géorgiens appartenant à une unité de l’Est. À bord de leur véhicule, il n’y avait pas d’armes mais des registres de maquis (effectifs) et des fonds. Après avoir été enchaînés, ils furent emprisonnés à Pontivy et transférés à Rennes à la prison Jacques-Cartier le 19 juin 1944. Une tentative d’interception par la Résistance du convoi les conduisant à Rennes échoua.
Jean Kerangoarec, Pierre Chevallier, Jacques Féret furent condamnés à mort le 29 juin 1944 comme franc-tireur par le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur de Rennes FK 748 (dossier S 1744) et furent exécutés le lendemain sur le polygone de tir de la Maltière en Saint-Jacques -de-la-Lande (Ille-et-Vilaine).
Une mention additive ajoutée en marge du jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal civil de Rennes le 13 février 1945, déclare qu’il était « capitaine des Forces françaises de l’intérieur - Formation du comité militaire régional - État-major Morbihan ».
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué sous-lieutenant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) en 1948.

En Ille-et-Vilaine, le nom de Jean Kerangoarec, orthographié « Kerangouarec », est inscrit sur la stèle des fusillés de la Maltière en Saint-Jacques-de-la-Lande et sur le monument de la Résistance érigé dans le cimetière de l’Est à Rennes.
Dans le Morbihan, il figure sur le monument aux morts de Guern.
Sources

SOURCES : Arch. Dép. ; Morbihan 2 W 11 308. — SHD, Vincennes, GR16P 318 132. — " La Butte de la Maltière - Saint-Jacques de la Lande ", Ami entends-tu… Journal de la Résistance bretonne, , ANACR, numéro 158, décembre 2012. — J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés (1940-1944), op. cit. – Site des fusillés d’Ille-et-Vilaine. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Renée Thouanel (sous la dir.), La Maltière (1940-1944), Éd. Mairie de Saint-Jacques-de-la-Lande, 2013. — Mémorial GenWeb. — État civil, Saint-Jacques-de-la-Lande (jugement déclaratif de décès du tribunal civil de Rennes).

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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