Né le 5 juillet 1894 à Paris (XVIe arr.), fusillé le 21 mars 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; directeur d’une entreprise de carrosserie ; résistant chef du réseau britannique Alibi.

Fils de Georges, fabricant de voitures, et de Jeanne, née Mayen, Jacques Kellner fit la guerre de 1914-1918 dans l’infanterie. Il était entrepreneur de carrosserie comme son oncle Paul qui était installé 109 avenue Malakoff dans le XVIe arrondissement à Paris.
Il demeurait 185 avenue Édouard-Vaillant à Boulogne-Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine), et devint en avril 1941 président de la Chambre syndicale des carrossiers et constructeurs de voitures de France, fondée en 1884, dont le siège était rue des Renaudes (Paris, XVIIe arr.). Son père Georges créa en 1931 avec Louis Béchereau, l’un des pionniers de l’aviation de tourisme, une entreprise de fabrication industrielle de carrosserie. L’usine de construction aéronautique et de carrosseries Kellner-Béchereau était née, Jacques Kellner en fut le directeur.
En liaison avec les Anglais, il entra dans la Résistance, fut chef du réseau britannique Phill agent 701 puis Alibi en juillet 1941. Il se livrait à des activités de renseignements avec Georges Paulin, ingénieur, dentiste ; Fernand Fenzy, architecte ; Étienne Stéphane, dessinateur ; Roger Raven, ferreur et Marius Roubille. Jacques Kellner travaillait dans la Résistance en liaison avec le réseau Klan du colonel de La Rocque, formé avec d’anciens croix-de-feu.
Fut-il comme Georges Paulin arrêté par la Gestapo française dirigée par Bonny et Lafont, ou par l’Abwehr ? Jacques Kellner fut interpellé le 31 octobre 1941, un poste émetteur-récepteur fut saisi dans son entreprise. Il fut incarcéré dans le quartier allemand à la prison de Fresnes.
Il comparut avec ses compagnons le 20 mars 1942 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (Paris, VIIIe arr.). Condamné à mort avec quatre membres du réseau pour « espionnage et aide à l’ennemi », il fut passé par les armes le 21 mars 1942 au Mont-Valérien.
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance et de la Croix de guerre à titre posthume, et le conseil municipal de Paris donna en 1946 le nom de Jacques-Kellner à une rue du XVIIe arrondissement. Une rue de Bougival (Yvelines) porte aussi son nom.


L’abbé allemand Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Samedi 21.3.42
Matin, appris à Fresnes que 6 [prisonniers] doivent être fusillés dans l’après-midi, je les préparai lentement à la nouvelle, 5 avaient été condamnés la veille, sentence immédiatement confirmée.
Paulin, Georges, 1, place du 14 juillet, Malakoff
Raven, Roger, 89, rue des Boulets, XIe
Kellner, Jacques, 80, rue Spontini, XVIe
Étienne, Robert, 2, rue du théâtre, XVe
Fency, Fernand, 10, square de Port Royal, XIIIe [en fait Fenzy]
Gourdain, Raymond, 175, rue Boutillerie, Amiens
Les 5 premiers se confessèrent et communièrent, le dernier était arrivé la vieille d’Amiens, où condamné à mort, mais exécuté à Paris, n’était pas baptisé, athée, mourut ainsi, sans assistance religieuse. Les autres écrivirent des lettres avant, étaient plein de courage, départ de Fresnes à 3 heures, puis fusillés à 4 heures, enterrés à Ivry. »
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 67. – DAVCC, Caen, Boîte 5 (Notes Thomas Pouty). – Site Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (XVIe arr.).— Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p. 73.

Daniel Grason

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