Né le 22 mai 1923 à Vannes (Morbihan), fusillé après condamnation à mort le 17 mars 1942 à Vannes ou Saint-Avé (Morbihan) ; mécanicien.

SOURCE :
Archives départementales du Morbihan,
2 W 15918
Sur le mémorial des fusillés à Saint-Avé
Sur le plateau de la Garenne à Vannes
SOURCE : Photos J-P. et J. Husson
Paul Cadoret était le fils de Pierre Marie Cadoret, voiturier, et de Marie Ange Le Grégam, sans profession. Célibataire, il était domicilié à Conleau en Vannes (Morbihan), où il exerçait la profession de mécanicien aux Ponts et Chaussées et où il était adhérent de la société de gymnastique.

Le 16 février 1942, éméché semble-t-il, il insulta et menaça un militaire allemand avec un couteau à cran d’arrêt. D’autres soldats en patrouille intervinrent et emmenèrent Paul Cadoret et son beau-frère François Allano au poste.
Fouillé, Paul Cadoret était porteur d’un revolver avec munitions qu’il aurait destiné à un groupe de résistants en formation. Il fut incarcéré à la prison de Vannes, où le gardien-chef lui conseilla de présenter une demande d’engagement volontaire sur le Front russe, qui fut rejetée. Condamné à mort pour « détention d’armes » le 16 mars 1942 par le tribunal militaire allemand FK 750 de Vannes (Morbihan), il a été fusillé le 17 mars 1942 à 16 heures dans la cour de la prison de Vannes, place Nazareth.
Dans un rapport adressé le 17 mars 1944 à titre « tout à fait confidentiel » au préfet du Morbihan, le gardien-chef de la Maison d’arrêt de Vannes l’informa de cette condamnation à mort suivie d’exécution , en précisant que les autorités allemandes avaient refusé de faire savoir à sa famille venue s’informer, quel jugement avait été rendu par le tribunal militaire allemand.
L’un des deux avocats était intervenu sans succès auprès de Fernand de Brinon, ambassadeur de Vichy auprès des occupants. Ceux-ci refusèrent de transmettre sa dernière lettre à sa famille qui fit publier un « Avis de service » dans la presse locale, La Kreiskommandantur de Vannes exigea que lui soit remise la liste nominative de tous les dirigeants et adhérents de la société de gymnastique à laquelle appartenait Paul Cadoret.
Le 19 mars 1942, le préfet du Morbihan adressa un rapport au ministère de l’Intérieur à Vichy et au délégué du ministère de l’Intérieur dans les Territoires occupés à Paris, ainsi qu’à Fernand de Brinon, ambassadeur de France, Délégué du Gouvernement français dans les Territoires occupés. Il y exposait que Paul Cadoret, a été « arrêté pour ivresse, insultes et menaces aux gendarmes allemands avec une arme prohibée (couteau à cran d’arrêt) et détention d’un révolver avec munitions », qu’il a été « condamné à mort par le tribunal de la Feldkommandantur » (FK 750), qu’« aucun recours n’a été admis », que « les Autorités allemandes ont refusé de recevoir la demande, qu’il avait formulée en vue de contracter un engagement volontaire sur le Front russe », et que lui, préfet du Morbihan, n’a été « avisé officiellement par les Autorités allemandes ni de la condamnation à mort, ni de l’exécution ».
Le 31 mars 1942, Fernand de Brinon lui ayant demandé de lui communiquer tous renseignements en sa possession au sujet de l’exécution de Paul Cadoret, le préfet du Morbihan lui confirma le contenu de son rapport du 19 mars et lui déclara qu’il avait reçu le 25 mars 1942 du Commandant en chef des Tribunaux militaires allemands de la région B à Angers [dont dépendait le tribunal militaire allemand de Vannes], un avis l’informant officiellement de l’exécution de Paul Cadoret :

Traduction :
« Angers le 20.3.1942
Paul Cadoret, né le 22.56.1923 à Vannes, domicilié en dernier lieu à Vannes, qui par arrêt du 16.5.1942 a été condamné à mort pour détention d’armes, a été fusillé à Vannes le 17 mars 1942.
La mort a été constatée par un médecin militaire allemand.
Le corps a été par la suite inhumé au cimetière de Vannes » <:br>
Il conclut son rapport en indiquant qu’« un service funèbre a été célébré le 26 mars à la cathédrale de Vannes en présence d’une très nombreuse assistance », et qu’« aucun incident ne s’est produit à l’occasion de cette cérémonie ».

François Allano fut condamné à une peine de prison. En avril 1942 il fut envoyé à la prison de Karlsruhe (Allemagne) puis successivement dans six autres lieux pénitentiaires. Il fut libéré le 10 avril 1945 de la prison de Sieburg près de Bonn.

Paul Cadoret a obtenu la mention « Mort pour la France ».

À Saint-Avé, son nom est inscrit sur le mémorial des fusillés.
À Vannes, il figure sur la stèle « Guerre 1939-1945 - Résistants-Déportés politiques-Fusillés » érigée sur le plateau de la Garenne.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII, dossier 3 (Notes Thomas Pouty). — Arch. Dép. Morbihan, 2 W 11 308, exécutés par les Allemands ; 2 W 15918, exécutions par les autorités allemandes. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — FMD, Livre-Mémorial, op. cit. — Mémorial GenWeb. — Site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. – État civil, Vannes (acte de décès).

Daniel Grason, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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