Né le 23 juin 1917 à Marseille (Bouches-du-Rhône), fusillé le 18 juillet 1944 à Signes (Var) ; communiste ; résistant, membre du Comité départemental de Libération (CDL) des Basses-Alpes.

Après des études chez les jésuites, Maurice Favier travailla dans la marine de commerce. Il fut mobilisé en juin 1940 sur un transport de troupes pour le Moyen-Orient. À son retour en France, il suivit les cours de l’École des cadres du Lavandou (Var) pour les Chantiers de Jeunesse, fit ensuite un stage à l’École des cadres d’Uriage (Isère), et fut envoyé à l’École des cadres de Meyrargues (Bouches-du-Rhône). Démobilisé en novembre 1942, il rejoignit sa famille à Allemagne-en-Provence (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), village natal de son père. Il y fut employé comme secrétaire de mairie. Poète à ses heures, il écrivit de nombreux textes dont un, le 22 juillet 1943, où il disait :
« Je voudrai ô monde te connaître un peu
Reçois ma demande
Comme un souvenir de nos lentes luttes
Pour voir un peu clair
Et sur cette tombe ne dit point adieu. »
Ami d’Alphonse Jammes, responsable communiste, membre des Francs-tireurs et partisans (FTP) et de la Section atterrissages et parachutages (SAP) qui fut exécuté le 16 juin 1944, il participa à l’organisation de parachutages et aida la mission interalliée du capitaine Henri Chanay, parachuté dans la région au printemps 1944. Surtout, il était l’un des intermédiaires de la direction départementale du Parti communiste clandestin. Il devint le suppléant de Paul Meyère, représentant de ce parti au CDL des Basses-Alpes, puis le remplaça quand celui-ci tomba malade. Il participa dès lors aux réunions du CDL. Il était présent le 15 juillet à Oraison (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence). C’est là qu’il fut arrêté le 16 avec les autres membres du CDL par l’armée allemande et les éléments de la 8e compagnie Brandebourg. Remis à la Sipo-SD, emprisonné aux Baumettes à Marseille, il a été fusillé avec vingt-huit autres résistants, après un jugement sommaire sur place, le 18 juillet, au fond d’un vallon isolé, dans les bois de Signes. D’après Ernst Dunker (Delage), l’un des responsables de la section IV de la Sipo-SD, le jugement aurait été prononcé par la cour martiale de la 244e Division d’infanterie. Les corps furent exhumés le 17 septembre 1944. Un monument funéraire fut inauguré le 18 juillet 1946 dans ce lieu, connu désormais comme le « Vallon des fusillés » et devenu nécropole nationale en 1996. Un monument a été inauguré à Oraison en souvenir des arrestations du 16 juillet et une plaque commémorative a été apposée sur la mairie d’Allemagne. Le nom de Maurice Favier a été donné à une rue du VIe arrondissement de Marseille par une délibération du 27 juillet 1946. Il a été déclaré « Mort pour la France ».
Sources

SOURCES : Presse locale (Vérités 31 août 1945). – Adrien Blès, Dictionnaire historique des rues de Marseille, Marseille, Éd. Jeanne Laffitte, rééd. 2001. – Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes-de-Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983. – CDIHP, Le Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Digne, 1992. – Jean Vial, Un de l’AS bas-alpine. Souvenirs d’un résistant, Marseille, imprimerie Villard, 1947. – Renseignement Thérèse Dumont.

Jean-Marie Guillon

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