Né le 1er décembre 1914 à Graville-Sainte-Honorine-Le Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), fusillé le 14 octobre 1941 à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; communiste et syndicaliste CGT ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS).

Léon LIOUST
UL cgt Le Havre
"Groupe Léon LIOUST" des Vaillants et vaillantes au Havre.
Cliché fourni par Christian Pontus.
Habitant Le Havre, soudeur-électricien et dirigeant syndical aux Ateliers de la Compagnie Générale Transatlantique, Léon Lioust était membre du groupe Avisse (Gustave Avisse) de « l’Organisation spéciale » qui préfigura l’organisation militaire du Front national : les Francs-tireurs et partisans (FTP). Arrêté, le 26 septembre 1941, il a été fusillé pour intelligence avec l’ennemi, le 14 octobre 1941 à Grand-Quevilly. Son nom est associé à celui de son camarade terrassier Joseph Madec, membre de l’OS, fusillé en mai 1941.
Les archives du DAVCC indiquent : Membre des JC, PC, OS – Était en plein travail, l’entrepreneur a demandé à le voir, au chantier et, arrivé sur place, est arrêté par la police allemande. Membre de la Résistance communiste depuis avril 1941. Apparemment, selon attestation FTPF du commandant Banse, aurait été arrêté à la suite du sabotage du câble souterrain reliant l’état-major allemand du Havre au GQG le 17 avril 41 par le groupe dirigé par le syndicaliste havrais Gustave Avisse auquel il appartenait. Sabotage commis par Joseph Madec (fusillé le 18 mai 1941). Mais le plus probable : appartenait au PCF clandestin, branche politique et propagande et aurait détenu et distribué nombre de tracts. L’ouverture des archives RG préfecture de Rouen (en 2010) permet d’établir que Léon Lioust, non connu de la police comme communiste, fut l’objet d’une perquisition où des tracts communistes furent découverts.
Le conseil de guerre allemand siégeant à Rouen (FK 517) le condamna à mort le 7 octobre 1941 sur l’inculpation d’intelligence avec l’ennemi et agitation communiste. Léon Lioust a été fusillé au stand de tir du Madrillet, Grand-Quevilly, le 14 octobre 1941. Cinq mois après Joseph Madec, il fut le deuxième résistant communiste de Seine-Inférieure à passer devant un peloton d’exécution allemand. L’arrestation de Léon Lioust coïncida avec les débuts de la lutte armée des communistes français. Elle se développera notamment en Seine-Inférieure à partir du mois d’octobre 1941 avec le déraillement du train allemand à Pavilly le 19 octobre 1941. À noter qu’une rafle en milieu communiste fut organisée dans toute la Seine-Inférieure les 21 et 22 octobre 1941 par la police et la gendarmerie françaises. On estime à 200 le nombre des arrêtés dans tout le département.
En 1942, un groupe FTP du Havre prit le nom de groupe Léon Lioust et mit à son actif plusieurs attentats et sabotages.
Après-guerre, la section de l’Union des Vaillants et Vaillantes du quartier d’Aplemont au Havre fut baptisée "Groupe Léon LIOUST" en son honneur.
Une rue du Havre porte son nom.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty).– Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime, ouvrage de l’ADFFM de Seine-Maritime 1994. — Arch. Dép. Seine-Maritime 51W428.

Jean-Paul Nicolas

Version imprimable de cet article Version imprimable