Né le 3 août 1889 à Arpajon (Seine-et-Oise, Essonne), fusillé comme otage le 15 décembre 1941 à La Blisière en Juigné-les-Moutiers (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), non loin de Châteaubriant (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; médecin ; militant communiste et élu d’Arpajon.

Louis Babin
Fond Alain Bouyssy/COMRA
Louis Babin et son chien à la fin des années trente.
Louis Babin (debut au milieu) pendant la Première Guerre mondiale, à l’occasion d’une permission, avec sa famille.
Quatre médecins du camp de Châteaubriant : de gauche à droite, [Fernand Jacq->76398], [Antoine Pesqué->166594], [Maurice Ténine->73993], Louis Babin
Les plaques des noms de rue Louis Babin
Fonds Alain Bouyssy/COMRA
Fils de Louis, Jules Babin, pharmacien, et de Marguerite Bardosa (ou Bardon), sans profession, catholique, qui s’étaient mariés à Limoges et qui vécurent à Arpajon, ville dont Louis, Jules Babin, plutôt de gauche, fut maire de 1906 à 1910. Louis, Marie Babin était l’aîné ; deux frères et une sœur suivirent.
Titulaire du baccalauréat de philo après des études au lycée Lakanal, il fit des études de médecine au front et obtint son doctorat le 12 juillet 1917 avec une thèse sur "Le danger des poux, la malpropreté chez les enfants des écoles primaires et le typhus". Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, blessé, capitaine de réserve, il était titulaire de la Croix de guerre avec six citations et de la Légion d’honneur. Louis Babin fut radiologue à l’hôpital d’Arpajon, et "médecin des humbles et des déshérités", notamment des ouvriers de la Cordonnerie arpajonnaise.
S’il fut conseiller municipal pendant deux mandats, il ne semble pas que ce soit comme communiste. On ignore sa date d’adhésion et son dossier n’a pas été conservé dans les archives de l’Internationale communiste, signe d’un faible notoriété dans le parti français ; il n’y qu’un Pierre Babin (RGASPI 495 270 3483) avec lequel il ne semble pas avoir de lien. Parmi les chemins qui ont contribué à son rapprochement avec la Parti communiste, l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants ) dont il fut le président à Arpajon. Il contribua à la création de de diverses associations dont "L’Écolier au grand air", la "Jeunesse ouvrière sportive arpajonnaise" et la société aéronautique "Les libellules de l’Orge".
Dans les années trente, il militait au Parti communiste dans sa commune natale et il fut un militant actif du Front populaire. Candidat du Parti communiste aux élections du conseil d’arrondissement d’Arpajon, Louis Babin fut élu en 1937 puis déchu de son mandat le 15 février 1940.
Selon un rapport de gendarmerie du 19 janvier 1940, il ne semblait pas troublé par le Pacte germano-soviétique et ses suites et ne cachait auprès des conseillers municipaux d’Arpajon du maintien de ses idées communistes : "Communiste je suis, communiste je resterai envers et contre tous" aurait-il déclaré.
Arrêté le 28 février 1941 à Arpajon par la police française, il fut interné à Poissy puis à Aincourt et à Châteaubriant, camp de Choiseul (1er mai 1941). Il continua en camp ses activités de médecin et se fit apporter du matériel de radiologie. Livré à la Feldgendarmerie, il a été fusillé comme otage le 15 décembre 1941, à la Blisière en Juigné-les-Moutiers, avec huit autres otages. (Voir Adrien Agnès, Paul Baroux, Raoul Gosset, Fernand Jacq, Marcel Pillet, René Perrouault, Georges Thoretton et Georges Vigor.)
Il s’était marié le 20 juin 1919 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) avec Juliette Gueudet et n’avait pas d’enfants.
La ville d’Arpajon donna, le 22 octobre 1944, son nom à l’une de ses rues, d’autres suivirent : Bretigny-sur-Orge, Saint-Germain-les-Arpajon, Leuville-sur-Orge, Forges-les-Bains,
Sources

SOURCES : DAVCC, BVIII, dossier 2. – Arch. Dép. Seine-et-Oise, élections cantonales, non cl. – Arch. secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Victimes de guerre. – Renseignements fournis par le maire d’Arpajon. – Francis Lasnier, « Communiste, résistant, fusillé, oublié, retrouvé. Les états successifs du Docteur Louis Babin », Mémoires vives, revue de l’Institut d’histoire sociale CGT d’Île de France, n° 37, août,septembre, octobre 2016. — État civil en ligne 4e 3125.

Iconographie
ICONOGRAPHIE : Fonds Boussy/Comité pour la Mémoire des résistants au nazisme dans la région arpajonnaise (COMRA).

Claude Pennetier

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