Né le 13 mars 1921 à Vincennes (Seine), fusillé le 5 août 1944 à L’Épine (Marne) ; employé de la Poste, domicilié à Épernay (Marne) ; résistant.

Pierre Escudié
Engagé volontaire en 1939, Pierre Escudié fut grièvement blessé en mai 1940 et déclaré mutilé de guerre. Démobilisé et de retour à Épernay, il fut recruté au début de l’année 1942 dans le réseau Éleuthère. Officier de renseignements sous le code RAE 255, il avait pour mission de surveiller l’aérodrome de Courcy (Marne), ainsi que les camps militaires de Mourmelon (Marne) et de Mailly (Aube). Arrêté en janvier 1944 et libéré un mois plus tard faute de preuves, il a été arrêté à nouveau à Épernay le 8 mai 1944 avec sa fiancée Denise Carroy et Pierre Bouché, au Café du Soleil tenu par Suzanne et Pierre Joly, qui furent également arrêtés. Denise Carroy et Suzanne Joly ont été déportées le 19 juin 1944 à Ravensbrück, où Suzanne est décédée le 15 avril 1945. Pierre Joly, déporté le 29 août 1944 à Neuengamme, a survécu à la déportation. Détenu à la prison de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne), Pierre Escudié a été condamné à mort le 17 juillet 1944, en même temps que Pierre Bouché, par le tribunal militaire allemand FK 531 de Châlons-sur-Marne. Il semble que cette condamnation à mort soit intervenue en représailles après l’exécution le 13 juillet 1944 à Épernay de deux soldats allemands de la Kriegsmarine par des membres du groupe Melpomène implanté dans le secteur de Châlons-sur-Marne. Ramené dans sa cellule, Pierre Escudié tenta de trancher la gorge d’un de ses gardiens. Il a été fusillé avec Pierre Bouché le 5 août 1944 à 20 h 10 sur le terrain de La Folie à L’Épine.
Inhumé dans le cimetière de l’Est, le corps de Pierre Escudié a été exhumé le 6 octobre 1944 et transféré dans le cimetière Nord d’Épernay. Selon le témoignage de l’abbé Pierre Gillet qui a assisté à son exhumation, « on constata que son corps était cerclé à hauteur de la poitrine par un très gros fil de fer qui avait traversé chemise et chair jusqu’à l’os ».
Le nom de Pierre Escudié figure sur la liste des fusillés du monument aux martyrs de la Résistance élevé à Épernay et sur la plaque commémorative de la Butte des fusillés à L’Épine. Il est également inscrit sur la liste des « Tombés à l’ennemi » de la plaque commémorative apposée dans les locaux de la direction départementale de la Poste, rue Récamier à Châlons-en-Champagne. Pierre Escudié est titulaire de la Médaille de la Résistance.
Sources

SOURCES : Bureau Résistance, dossier 17P122, Service historique de la Défense, Vincennes. – DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Marne, M 7463, exécutions par les Allemands 1941-1944 ; M 4774, fusillés ou exécutés par les Allemands, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – L’Union, 28 juin 1946. – Pierre Servagnat, La Résistance et les Forces françaises de l’intérieur dans l’arrondissement d’Épernay. Souvenirs du capitaine Servagnat. Ceux de la Résistance, Presses de l’Imprimerie de Montligeon, 1946. – Pierre Gillet, « Châlons sous la botte. Souvenirs de la Résistance à Châlons-sur-Marne et dans l’arrondissement (1940-1945) », Cahiers châlonnais, no 3, Châlons-sur-Marne, 1983, réédité en 1998. – Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de Reims, 2 tomes, 2e édition, 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, DVDrom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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