Né le 25 août 1897 à Reims (Marne), fusillé le 6 juin 1944 à L’Épine (Marne) ; chaudronnier à la SNCF ; syndicaliste ; résistant.

Charles Tasserit
Fils de Jeanne, Marie Tasserit, domestique, Charles Tasserit, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il avait été grièvement blessé et cité à l’ordre de la division, était le trésorier de la section rémoise de la Fédération des trépanés. En 1922, il avait épousé Lucienne Jacquemin, décédée en 1939.
Son fils, Roger Tasserit, domicilié chez lui, avait rejoint le groupe Francs-tireurs et partisans français (FTPF) dirigé par Raoul Mathieu et avait participé à de nombreux attentats et sabotages dans le secteur de Reims, en particulier le sabotage avec Roger Kerger, au cours de la nuit du 15 au 16 novembre 1943, des installations de chauffage de la maison de retraite de Reims réquisitionnée par la Wehrmacht et transformée, sous le nom de caserne Richtoffen, en école d’élèves-officiers.
Roger Tasserit fut arrêté à Reims le 7 décembre 1943 avec Roland Moret et Raoul Mathieu, au domicile de ce dernier, où un dépôt d’armes fut découvert. Charles Tasserit fut arrêté à son tour le 10 décembre 1943 à son domicile, où la Gestapo opéra une perquisition qui aboutit à la découverte de tracts communistes, d’armes et d’explosifs.
Il fut interné à Reims, puis transféré à Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne), après le bombardement de la prison Robespierre, le 30 mai 1944.
Condamné à mort le 6 juin 1944 par le tribunal militaire allemand FK 531 siégeant à Châlons-sur-Marne, il a été fusillé le jour même sur le terrain de La Folie à L’Épine, avec six autres résistants : René Brémont, Marcel Cheval, Roger Kerger (fusillé à 20 h 25, en même temps que lui), Raoul Mathieu, Georges Monaux et Roland Moret.
Inhumé sur place, le corps de Charles Tasserit a été exhumé le 13 septembre 1944, réinhumé dans le cimetière de l’Est de Châlons, et transféré le 25 avril 1945 à Reims dans le cimetière de l’Est.
Roger Tasserit a été incarcéré à la prison de Reims jusqu’au 18 janvier 1944, puis interné à Compiègne (Oise), et déporté comme résistant le 27 janvier 1944 à Buchenwald (Allemagne). Il est rentré très affaibli de déportation.
À Reims, une plaque commémorative a été apposée en 1947 par la municipalité au domicile de Charles Tasserit, 13 rue du Général-Carré. Après la disparition de cette plaque, la ville de Reims a fait apposer une plaque refaite à l’identique dans le square des Victimes-de-la-Gestapo, 18 rue Jeanne-d’Arc. Son nom est inscrit sur le monument aux martyrs de la Résistance et sur la plaque de la Bourse du Travail, aujourd’hui Maison régionale des syndicats. Il figure également sur la plaque commémorative de la Butte des fusillés à L’Épine.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Dossier de Brinon, B7/1 180 Liste S 1 744. – Arch. Dép. Marne, M 7463, exécutions par les Allemands 1941-1944, fusillés ou exécutés par les Allemands, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – Arch. FN/FTPF/ANACR-51. – L’Union, 22 novembre 1945. – Arch. Sylvie Kowski-Tasserit. – Pierre Gillet, « Châlons sous la botte. Souvenirs de la Résistance à Châlons-sur-Marne et dans l’arrondissement (1940-1945) », Cahiers châlonnais, no 3, Châlons-sur-Marne, 1983, réédité en 1998. – Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de Reims, 2 tomes, 2e édition, 1998. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, DVDrom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – État civil en ligne 2 E 534/323.

Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

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