Né le 21 décembre 1903 à Auvet-et-la-Chapelotte (Haute-Saône), fusillé le 21 décembre 1943 à la Doua (Villeurbanne, Rhône) ; tourneur ; résistant au sein du mouvement Libération à Lyon (Rhône).

Tombe de Henri Bardin à La Doua
Cliché Jean Lorcin
Cérémonie à La Doua à la Libération
Communiqué par Christophe Coupaud
Fils d’Auguste et d’Élisabeth Mouchet, marié à Joséphine Pahon, il vécut à Bourg-en-Bresse (Ain). Il fut joueur de rugby et exerça la profession de camelot. Il devint tourneur et s’installa 1 rue Henri à Villeurbanne (Rhône) avant 1936. Il était proche du Parti communiste.
Résistant dans le mouvement Libération sous le pseudonyme de Riquet, il fit partie, avec Victor Le Gloanec, Jean Tabourin et Jean Simoni, de l’Organisation spéciale (OS) de Lyon (l’un des trois groupes de choc du mouvement, chargé des attentats les plus difficiles et des sabotages les plus meurtriers).
En septembre 1942, son groupe protégea le départ d’Astier et Frenay pour l’Angleterre. Fin septembre, le groupe détruisit des péniches allemandes en réparation aux chantiers de la Mouche (Lyon, Rhône). En octobre, ils incendièrent des dossiers de la Relève dans une villa à Lyon. D’autres opérations suivirent, notamment le plastiquage des vitrines de la Légion à Lyon, puis Tabourin et Simoni quittèrent le groupe.
Le 23 mars 1943, Henri Bardin, son frère Didier, Victor le Gloanec et un certain Julien tentèrent de libérer plusieurs responsables de l’AS (parmi lesquels Raymond Aubrac) emprisonnés au Petit Dépôt du palais de justice. Cette action échoua et se solda par l’arrestation de Didier Bardin et Victor Le Gloanec, ce qui mit définitivement fin aux activités du groupe.
Arrêté le 12 juin 1943, par la Sipo-SD « pour espionnage, aide à l’ennemi et actes de terrorisme », dans un café de la rue Bugeaud à Lyon (VIe arr.), Henri Bardin fut interné à la prison Montluc (Lyon).
Le tribunal militaire allemand du commandement du territoire du sud de la France, siégeant à Lyon, le condamna à mort le 17 décembre 1943 pour avoir exécuté des actes de terrorisme et favorisé l’ennemi.
Les Allemands le fusillèrent le 21 décembre 1943 sur le stand de tir du terrain militaire de la Doua.
Retrouvé en juillet 1945 dans le charnier de la Doua, son corps fut identifié par sa femme le 10 août.
Il écrivit une dernière lettre à sa femme le 21 décembre 1943.
En 1959, Henri Bardin reçut la Légion d’honneur à titre posthume.
Son frère Didier Bardin, né le 20 avril 1907 à Bourg-en-Bresse, fut également résistant à Lyon sous le nom de Riquet.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Rhône, 182W64, 3335W22, 3335W4, 3460W2, 90J35, 6MP740. – Laurent Douzou, La Désobéissance histoire d’un mouvement et d’un journal clandestins, Libération-Sud, 1940-1944, 1995. – Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours : 2 824 engagements, 2003. – Marcel Ruby, Résistance et contre-Résistance à Lyon et en Rhône-Alpes, 1995. – Site Internet Base Léonore.

Jean-Sébastien Chorin

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