Né le 20 janvier 1886 à Varsovie (Pologne), fusillé le 27 août 1940 au camp de Souge (Gironde) suite à une condamnation à mort ; premier fusillé au camp de Souge.

Présent à Bordeaux, Juif d’origine polonaise, Israël Karp ne supporta pas l’arrivée de la garde d’honneur allemande hissant le drapeau nazi sur une place proche de la gare. Il se rua vers les soldats allemands, donnant de la voix et du poing. Les témoignages varient ; les occupants retinrent des « injures et voies de faits » contre les membres de l’armée allemande. Certains parlent d’attaque au bâton, d’autres d’une simple attaque poing tendu.
Le général von Faber du Faur fit publier un communiqué : « Le 24 août 1940, le Juif Israël Leizer Karp, de nationalité polonaise, au passage de la garde d’honneur allant hisser le drapeau, se précipita, brandissant un bâton, près de la gare Saint-Jean de Bordeaux, contre le tambour-major et les musiciens militaires. »
Il fut emprisonné au fort du Hâ. Le tribunal militaire allemand FK 529 de Bordeaux le condamna à mort le 26 août. Il fut exécuté au camp de Souge le 27 août 1940.
Le Comité du souvenir des fusillés de Souge a recueilli sur lui une série de souvenirs et d’informations : il habitait Martignas et aurait pu être marchand ambulant à l’entrée du camp militaire de Souge ; le grand rabbin Joseph Cohen fit état d’un comportement particulier à la synagogue, mais peut-être s’agissait-il de protéger la communauté des actes d’un seul homme. Certains en font un ancien combattant de la Première Guerre mondiale dans les rangs français, d’autres un colporteur vivant en Belgique depuis 1922. Le révolté de Bordeaux garde encore son mystère.
Deux jeunes gens de dix-huit ans furent surpris en train de lacérer les affiches officielles annonçant l’exécution d’Israël Karp et furent internés au fort du Hâ.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen, BVIII dossier 2 (Notes Thomas Pouty). – Renseignements communiqués par le Comité du souvenir des fusillés de Souge. – Sites Internet.

Claude Pennetier

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