Né le 15 mai 1900 à Monasterzyska (Pologne), fusillé le 27 mars 1944 à Sainte-Marie-de Chignac (Dordogne) ; marchand ambulant ; victime civile d’origine juive.

déclaration autographe comme Juif auprès de la sous-préfecture de Béthune (Pas-de-Calais)
Henri Dunayer fut l’une des nombreuses victimes de la division Brehmer en Dordogne.
Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département.
Les hommes furent abattus parce que juifs et, bien souvent, les femmes et les enfants furent arrêtés, transférés à Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort, Auschwitz-Birkenau principalement.
En zone dite libre puis zone sud, les Juifs avaient été recensés en application d’une loi de Vichy du 2 juin 1941, le jour même de la promulgation du second statut des Juifs ; un recensement spécifique des Juifs étrangers intervint en janvier 1942 ; enfin, une loi de Vichy du 11 décembre 1942 imposa en zone sud la mention « juif » sur la carte d’alimentation et sur la carte d’identité des Juifs français et étrangers.
Commerçant en vêtements, Henri Dunayer habitait avec sa femme (Anna Schneebaum, née le 12 juillet 1893 à Jaroslaw - Pologne) à Lens (Pas-de-Calais), 33 rue François Gauthier, lorsque celle-ci fut arrêtée, le 11 septembre 1942 pour être déportée. Il aurait connu le même sort s’il ne s’était enfui, mettant à profit les vingt minutes que les autorités leur avaient donné pour se préparer.
Il se rendit à Douai puis se cacha quelques jours à Paris. Il rejoignit Bordeaux puis Libourne et franchit la ligne de démarcation le 29 octobre 1942 aux environs de cette dernière ville. Il se dirigea alors vers Sainte-Eulalie-d’Ans (Dordogne) où habitait son ami Wiesen. Il y fut assigné à résidence en janvier 1943.
Le Mémorial le donne par erreur fusillé à Limoges, le 26 mars 1944, tandis que le CDJC dit qu’il a été fusillé à Sainte-Eulalie-d’Ans, le 25 avril 1944. En fait, Henri Dunayer a vraisemblablement été arrêté le 2 mars 1944 à Sainte-Eulalie-d’Ans, en même temps qu’Albert Dreyfuss-Sée et emprisonné à Limoges. Il fut exécuté à Sainte-Marie-de-Chignac en représailles d’une action de la Résistance par un détachement de la division Brehmer le 27 mars 1944 parmi 25 prisonniers amenés de Limoges, pour l’essentiel juifs, dont deux survécurent à leurs blessures.
Son nom ne figure pas sur la stèle érigée au lieu-dit Rivières-Basses, car il faisait partie des cinq victimes dont l’identité restait inconnue. Il fut identifié à la suite des recherches de Bernard Reviriego.


Voir Sainte-Marie-de-Chignac, 27 mars et 1er avril 1944
Sources

SOURCES : Arch. dép. Dordogne, 42 W 78 ; 42 W 79-1, dont procès-verbal de gendarmerie ; 1573 W 8 et CDJC, CCXV-40a. — Bernard Reviriego, Les Juifs en Dordogne, 1939-1944. De l’accueil à la persécution, Périgueux, Éditions Fanlac-Archives départementales de la Dordogne, 2003, p. 240-242, 315, 491. — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p 402. — Beate et Serge Klarsfeld, Mémorial de la déportation des juifs de France, Paris 1978. — Nicolas Mariot et Claire Zalc, Face à la persécution. 991 Juifs dans la guerre, Paris, Odile Jacob, 2010.

Claude Pennetier, Bernard Reviriego, Dominique Tantin

Version imprimable