Né le 8 mars 1922 à Brest (Finistère), fusillé le 22 juillet 1943 au Madrillet, Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; ouvrier soudeur au Havre ; membre du Parti communiste ; sous-lieutenant FTPF.

Jean Hascoët
UL cgt Le Havre
Fils de Yves Hascoët, menuisier, et de Marguerite Le Roux, sans profession, Jean Hascoët s’était marié le 6 mars 1943 au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) avec Lucienne Chapelle. En janvier-février 1942, Jean Hascoët atteignit mortellement quatre officiers allemands et participa également à des opérations à la grenade contre des troupes ennemies. Il fut arrêté le 13 mars 1943, à son domicile personnel, 30 rue Louis-Brindeau. Les policiers savaient parfaitement qui il était et pour quel motif ils le recherchaient. On aurait trouvé sur lui un carnet sur lequel il notait les attaques qu’il avait menées contre les soldats allemands et les sabotages effectués contre les installations de la Wehrmacht. Torturé, il tenta de se suicider ; il n’y réussit pas mais ne parla jamais. Sa condamnation à mort par le conseil de guerre FK 517 précéda d’une semaine (16 juillet 1943) son passage par les armes à l’ancien champ de tir du Madrillet, Grand-Quevilly, le 22 juillet 1943.
Le 30 avril 1943, le préfet de Seine-Inférieure, Pujols, indiquait dans un rapport sur le climat politique dans son département : « L’arrestation au Havre du jeune terroriste Hascoët, auteur des principaux attentats contre l’armée allemande, a été favorablement commentée par tous les milieux, car cet individu est jugé responsable des représailles et des sanctions imposées à la population civile. » À la suite de l’arrestation d’Hascoët, en mars 1943, Jean Le Brozec prit le commandement au Havre du détachement Francs-tireurs et partisans (FTP) et trouva la mort le 8 août 1943 en tentant de le venger au cours d’une attaque dans le but de tuer le Kreiskommandant Ackermann. Quelques jours après, le 12 août 1943, trois FTP du Havre Ernest Derrien, Jules Bridoux, Maurice Mailleau attaquèrent le poste de police allemande rue Hyppolite-Fenoux, en vue de supprimer Ackermann. Cette folle opération se soldat par un échec : un responsable "inter" FTP tué : Jules Bridoux ; ainsi que deux blessés arrêtés par la Gestapo : Maurice Mailleau et Ernest Derrien. Ces deux hommes seront fusillés en novembre 1943 à Rouen.
Selon les dossiers du ministère des Anciens Combattants, Hascoët était responsable d’« Actes de franc-tireur – assassinat d’un sous-officier allemand le 14 novembre 1942 – selon liste Seine-Inférieure, a participé à de nombreux attentats contre librairies allemandes et contre soldats dont deux auraient été tués. Résistant FTP depuis janvier 1943. »
Une rue courte mais centrale du Havre porte le nom de Jean Hascoët.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Seine-Maritime : Cabinet du préfet Avril 1943 : cote : 2MI 1951. – Hommage aux fusillés et aux massacrés de la Résistance en Seine-Maritime. 1940-1944, édité par l’Association départementale des familles de fusillés de la Résistance de Seine-Maritime, 1994. Avec notamment le concours de l’historien Claude-Paul Couture, éditions EDIP. Saint-Étienne-du-Rouvray.– Georges Godefroy, Le Havre sous l’Occupation, 1965. – « Les fusillés de Seine-Maritime » : liste Besse-Pouty. – État civil en ligne 1E266.

Jean-Paul Nicolas

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