Né le 3 octobre 1889 à Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 4 décembre 1941 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; inspecteur de police.

Albert Antoine Arch. PPo.
Fils d’Hyacinthe et de Victorine, née Bigerel, Albert Antoine obtint le cerfiticat d’études primaires à l’issue de sa scolarité. Marié à Eugénie Demée, sans enfant, il demeurait 53 rue Claude-Terrasse à Paris (XVIe arr.). Il entra dans la police, fut nommé en 1925 inspecteur de police, affecté en 1929 au commissariat du quartier de la Muette, 2 rue Bois-le-Vent, puis il devint inspecteur spécial. Il n’appartenait à aucun parti politique. Le commissaire l’appréciait peu car, selon lui, Albert Antoine était « un combinard » qui avait des difficultés toutes les fins de mois.
En période de paix, vendre des fusils de chasse et des munitions n’aurait pas eu beaucoup de conséquences. Mais pendant la guerre, la détention illégale d’armes était passible de la peine de mort. Albert Antoine demanda à Louis Buchmann de porter fusils et cartouches au patron du café-hôtel au 6 rue Bois-le-Vent. Cinq fusils de chasse et deux mille cartouches étaient entreposés dans une pièce du logement du couple qui gérait le café-hôtel.
Le 4 novembre 1941, Joseph Brunet*, patron du café, était arrêté par la police allemande. Interrogé au 11 rue des Saussaies, il fut probablement battu. Le 7, au commissariat de la Muette, le commissaire remettait Albert Antoine à deux inspecteurs de la BS1. Il déclara qu’il n’avait jamais appartenu à un parti politique, et qu’il n’avait pas non plus été sollicité par un groupement gaulliste. « Je suis d’ailleurs » ajouta-t-il « un fervent partisan de la collaboration franco-allemande ».
Il nia, comme il l’avait fait la veille lors de sa confrontation à la Feldgendarmerie avec Joseph Brunet*, toute implication dans un trafic d’armes. Brunet aurait déclaré que les armes lui avaient été remises par des personnes dont il ignorait l’identité. La femme de celui-ci, Maria, témoigna des relations de son mari avec Albert Antoine, de conversations entendues où les mots « fusils » et « cartouches » étaient prononcés, ce qui ne laissait guère de place au doute.
Incarcéré à la prison du Cherche-Midi administrée par les Allemands, il comparut le 27 novembre 1941 devant le tribunal du Gross Paris qui siégeait rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Condamné à mort pour « détention d’armes », Albert Antoine a été fusillé le 4 décembre 1941 à 16 h 14 au Mont-Valérien en compagnie de Louis Buchmann et Joseph Brunet*. Son inhumation eut lieu au cimetière d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Un « Avis » parut dans le journal collaborationniste Le Matin dix jours plus tard.
Après la Libération, les deux inspecteurs témoignèrent devant la commission d’épuration de la police. L’un des deux déclara que d’autres policiers connaissaient l’activité illicite d’Albert Antoine et de Louis Buchmann. Le même policier assura qu’il avait tenté d’étouffer l’affaire, mais que son collègue n’avait pas voulu. Sur son acte de décès figure la mention « Mort pour la France » par décision du secrétaire aux Anciens Combattants en date du 5 février 1945.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., 77W 117, KB 2, KB 67. – DAVCC, Caen, B VIII dossier 2/Boîte 5 Liste S 1744-2214/41 (Notes Thomas Pouty). – Le Matin, 13 et 14 décembre 1941. – Site Internet Mémoire des Hommes. – État civil.

Daniel Grason

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