Né le 8 février 1896 à Bruay-en-Artois (Pas-de-Calais), fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; directeur d’école ; résistant au sein du réseau Musée de l’Homme, groupe Havet-Vildé.

Fils de Nicolas Andrieu, instituteur, et de Léa Flament, ménagère, Jules Andrieu, directeur d’une école de garçons de Haisnes (Pas-de-Calais), était grand mutilé de la Première Guerre mondiale. Il était marié et père de deux enfants.
Arrêté le 20 juin 1941 à Haisnes-lez-Bassée (Pas-de-Calais) par l’Abwehr parisienne pour « espionnage et intelligence avec l’ennemi », Jules Andrieux appartenait au réseau Havet-Vildé dit du Musée de l’Homme, où il fut homologué comme agent P2. Il fut arrêté dans le cadre du démantèlement du réseau. (Voir Boris Vildé.)
Interné à Béthune puis à Fresnes, il fut condamné à mort le 17 février 1942 par le tribunal militaire allemand du Gross Paris et fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien, avec ses six camarades, Boris Vildé, Anatole Lewitsky, Georges Ithier, Léon-Maurice Nordmann, René Sénéchal et Pierre Walter.


L’abbé Franz Stock l’évoque dans son Journal de guerre :
« Lundi 23.2.42
7 exécutions
Matin, réunion à 9 h 30 chez l’aumônier général. Puis catéchisme à l’école allemande jusqu’à 1 heure. Venu me chercher en voiture pour Fresnes : 7 condamnés à mort, aucun gracié, bien que 3 femmes aient été condamnées dans la même affaire, la réponse de Berlin (quartier général du Führer) n’a pas été attendue. Recours en grâce rejetés. ¨Parmi ces 7 un Juif, du nom de Nordmann, 2 orthodoxes - Vildé et Lewitsky. Les autres catholiques. Sénéchal 19 ans. Tous les 4 se confessèrent et communièrent avant - Wallter, Ithier et Andrieu, Sénéchal. Lewitsky demanda également mon assistance, pria, se repentit, lui donnai l’absolution. Vildé était certes croyant, mais de façon plus abstraite, mystique, un formidable personnage , au reste, mélancolie slave et pourtant très spirituel. Nous quittâmes ensemble Fresnes vers 3 h 45, verglas, froid, etc. Les 7 avaient bon moral, beaucoup d’humour, se réjouirent tous que je fusse du voyage. Me remercièrent pour ce que j’ai fait pour eux. Même le jeune Sénéchal était brave. Andrieu, invalide de guerre à 100% demanda qu’on ne lui bandât pas les yeux, ce qui lui fut accordé. "Dites à ma femme et à mes enfants que j’ai regardé la mort droit dans les yeux ". Je lui tendis encore un fois la photographie de sa fille et de son fils. Il la baisa, fit le signe de croix et voilà, 4 furent fusillés ensemble : Sénéchal, Andrieu, Nordmann, Ithier, puis les trois derniers : Walter, Lewitsky, Vildé. Vildé refusa d’avoir les yeux bandés. Walter et Sénéchal avaient souvent communié pendant leur détention. Ithier fit une bonne confession générale, reçut la communion avec une saine vénération. Andrieu pareillement. Je les ai enterrés tous les 7 au cimetière d’Ivry, à 6 h 30 du soir. »
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Site SGA ministère de la Défense. – Anne Hogenhuis, Boris Vildé et le réseau du Musée de l’Homme, CNRS Éd., 2009. – État civil. — Franz Stock, Journal de guerre. Écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien, Cerf, 2017, p.67.

Jean-Pierre Besse

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