Né le 22 janvier 1897 à Doullens (Somme), fusillé le 5 avril 1944 à Arras (Pas-de-Calais) ; agent d’assurances ; résistant au sein de l’Organisation civile et militaire (OCM) et du réseau Zéro-France.

André Tempez
Fils de Léon, maître d’hôtel, et d’Albertine, née Voyez, maîtresse d’hôtel, André Tempez s’était marié le 24 juin 1922 à Doullens avec Édith Seze et était domicilié à Amiens (Somme).
Ancien officier d’état-major, il dirigeait à Amiens les équipes de déblaiement de la défense passive. Il était fortement impliqué, avec le docteur Mans, dans le service de renseignements Centurie de l’OCM.
Premier responsable de la région A de l’OCM, il démissionna de cette responsabilité en avril 1943, à la suite de conflits avec Roland Farjon. Arrêté le 12 novembre 1943 à Amiens par la Feldgendarmerie pour « aide à l’ennemi », interné à la citadelle d’Amiens, il fut ensuite pris en charge, le 2 décembre 1943, par l’antenne de l’Abwehr d’Arras, « l’ange gardien des V1 », installée à Saint-Quentin (Aisne). Renvoyé le 12 décembre à Amiens, il s’illustra par son abnégation lors de l’opération dite « Jéricho » (bombardement de la prison d’Amiens le 18 février 1944), où il dégagea les blessés au lieu de s’enfuir. Au début mars 1944, une automobile en provenance de Paris, avec à son bord le colonel Alfred Touny, chef national de l’OCM, et Jean Cavaillès, chef du réseau Cohors-Asturies, arriva à Amiens pour prendre André Tempez. Tous les trois furent alors emmenés à Arras, dans les cellules de l’Hôtel du Commerce, siège de « l’ange gardien des V1 ». Celui-ci y rassembla les principaux responsables de l’OCM, et les confronta tour à tour avec Roland Farjon, responsable de l’OCM pour la Zone nord, qui avait été arrêté le 23 octobre 1943 en possession de la liste des membres de son organisation. Roland Farjon leur conseilla pour, dit-il, leur éviter la torture, de ne rien cacher, puisque la police allemande était déjà informée.
Au terme de l’instruction de l’affaire, André Tempez fut condamné à mort, le 5 avril 1944, par le tribunal spécial du 65e corps d’armée allemand qui siégeait à la caserne Schramm. Il a été secrètement fusillé le jour même dans les fossés de la citadelle d’Arras avec onze autres grandes figures de la résistance locale et nationale, comme Alfred Touny, Jean Cavaillès et Pierre Baudel*.
Les corps, sans sépulture, furent retrouvés le 23 octobre 1944, après la libération d’Arras, à la suite de sondages, dans une fosse commune soigneusement dissimulée par les nazis. Ils n’ont été identifiés (notamment par le commandant Lhermitte, responsable départemental de l’OCM) que par des détails de leur physique ou de leurs vêtements.
André Tempez a été décoré de la Croix de guerre avec palmes, de la médaille de la Résistance et cité à l’Ordre de l’Armée à titre posthume.
Une rue de Doullens porte le nom d’André Tempez. Par délibération municipale de la ville d’Amiens le 31 mars 1950, une rue créée parmi des logements de la reconstruction de 1949 sur un terrain de la "Fosse au lait" dans le quartier de Saint-Honoré a reçu également son nom.
Sources

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 5022/1. – J.-M. Fossier, Zone interdite, op. cit., p. 266. – Gilles Perrault, La longue Traque, Éd. Lattès 1975, p. 525-526. – Laurent Thiery, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256. – Mémorial des fusillés d’Arras. – Fonds « Fernand Lhermitte » (La Coupole). – État civil en ligne 2 E 253/41. — Jacques Lejosne, Jackie et Françoise Fusillier, Amiens 1940-1945, À la rencontre des plaques de rues en hommage aux résistants 2016.

Christian Lescureux, Laurent Thiery

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