Né le 29 août 1919 à Soisy-sous-Etiolles, devenue Soisy-sur-Seine (Seine-et-Oise, Essonne), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; typographe ; membre du triangle de direction des Jeunesses communistes dans la clandestinité.

Fils d’Arthur Compagnon et de Marcelline Marchal, originaires de la Vienne, demeurant et travaillant à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) comme ouvrier serrurier chez Noblet et facturière chez Damoy (en 1931), Jean Compagnon avait, selon les archives de la préfecture de police, « un niveau d’instruction primaire » ce qui semble signifier qu’il ne possédait pas le certificat d’études primaires. Compositeur typographe, ayant adhéré aux Jeunesses communistes en 1937, il aurait siégé, selon certaines sources, au comité central des Jeunesses communistes en 1939 (cette information n’est ni consignée dans son dossier à la préfecture de police ni confirmée par la liste établie par Sylvain Boulouque). Quoi qu’il en fût, la ville d’Ivry-sur-Seine l’embaucha en février 1939 comme « employé au service Architecture ».
En décembre 1940, il assurait le tirage de L’Avant-Garde clandestine dans la cave d’un pavillon de Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). En avril 1941, il devint membre de la direction nationale des Jeunesses communistes avec Camille Baynac et René Despouy jusqu’à leur arrestation, le 17 juin 1942, dans le cadre de l’affaire Tintelin. La Brigade spéciale démantela alors, en même temps, le réseau des imprimeries clandestines du Parti communiste et la direction nationale des Jeunesses communistes. Les attestations délivrées à la Libération expliquent l’arrestation de Jean Compagnon par les sabotages et attentats qu’il avait réalisés mais passent sous silence l’affaire Tintelin. Une attestation mentionne son entrée dans les FTP, en réalité l’Organisation spéciale (OS), le 1er septembre 1941. Elle signale d’ailleurs qu’il fut l’un des premiers organisateurs de l’OS sur la banlieue sud et qu’il avait à son actif l’organisation du déraillement d’un train allemand à Lagny en septembre 1941, de l’incendie de l’usine des isolants à Vitry en octobre 1941 et qu’il avait participé à la protection de l’opération de la rue Daguerre en juin 1942. Ses actions auraient créé « les conditions de naissance des FUJP » (Forces unies de la jeunesse patriotique).
Selon un rapport de police, il aurait été mis en cause en février 1942 par Jean Lastennet, responsable des Jeunesses communistes de la région sud de Paris arrêté par la Brigade spéciale. Il fut lui-même arrêté le 18 juin 1942 à son domicile clandestin rue Cailleaux à Paris (XIIIe arr.) sous une fausse identité (Jean-Louis Bonnet) et accusé d’appartenir au groupe Marius Vallet, comme Saturnino Trabado et Balthazar Robledo.
Interné à la préfecture de police, il fut remis aux autorités allemandes pour être fusillé comme otage.
Le conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, dans sa délibération du 27 juillet 1945, attribua au quai d’Ivry le nom de Jean Compagnon.
Sources

SOURCES : Arch. PPo., BS1, GB 36. – Ivry fidèle à la classe ouvrière et à la France, 1971. – Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse. Les jeunes dans la Résistance. – Claude Angeli et Paul Gillet, Debout, partisans !, 1970, p. 35 et 197. – Sylvain Boulouque, « Les Jeunesses communistes », Communisme, no 76-77, 2003-2004. – Arch. com. Ivry-sur-Seine. – Témoignage d’André Merlot, Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne.

Jean-Pierre Besse

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