Né le 4 octobre 1896 à Nespouls (Corrèze), exécuté sommairement par les Allemands le 10 juin 1944 à Beaune-les-Mines (Haute-Vienne) ; officier de carrière ; résistant dans l’Armée Secrète ; capitaine de la compagnie G.A.O.

Fils d’Antoine Galinat, maçon, et de Pauline Degain, sans profession, Théodore Galinat s’engagea au début de la Première Guerre mondiale. Il n’avait que 18 ans. Le courage et le dévouement dont il fit montre lui valurent deux citations. La première, en 1917, pour s’être avancé en direction d’une deuxième ligne allemande malgré un bombardement des plus violents ; la seconde, en 1918, pour avoir accompli le 8 janvier, en terrain découvert, avec sang-froid et promptitude, et sous un feu violent de mitrailleuses, « une liaison avec une unité voisine ».
Au lendemain de la guerre, il fut affecté au 6ème tirailleurs algériens et durant la campagne de France nommé capitaine aux bataillons algériens d’Afrique.
Après la dissolution de l’Armée par le Maréchal Pétain, il devint le trésorier de la Garde à Marseille. Mais, menacé d’être arrêté par la Gestapo, il préféra retrouver les siens et se fixa à Brive rue de Cosnac. Très vite, son esprit patriotique l’amena à se rapprocher du milieu résistant et, au mois d’août 1943, il se mit à la disposition de René Jugie, fondateur du groupement G.A.O.
Théodore Galinat, alias Blanc, reçut la mission d’organiser les compagnies A.S. de Brive, ainsi que des maquis. Il devint Chef d’Etat-Major dans l’Armée Secrète (AS) et Lieutenant-Colonel des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) Le 8 juin 1944, il fut dénoncé à la police allemande, son domicile saccagé, arrêté à Palisse commune de Malemort (Corrèze). Ensuite, il fut transféré à la prison de Limoges où, malgré les pires tortures qui lui furent infligées, il ne souffla mot. Avec treize autres résistants et civils, le 10 juin, les Allemands l’exécutèrent au lieu-dit « carrière de Gramagnat » route du Malabre, sur la commune de Chaptelat.
Il était titulaire de la Légion d’honneur, de la Croix de Guerre 1914-1918 et de la Médaille de Syrie. A titre posthume, une citation lui fut décernée : « Officier ardent, énergique et brave. Depuis 1940, n’a jamais cessé la lutte contre les Allemands. Chef d’état-major d’un mouvement de résistance de 920 hommes, a organisé diverses actions qui causèrent des pertes sensibles à l’ennemi ».
Il s’était marié le 24 avril 1921 à Telagh (Algérie) avec Gabrielle Froidefond
Découverte du corps d’un inconnu le 12 juin et déclaration le 19 de Pierre Capderogne commissaire de police de Limoges. Acte rectifié par jugement du tribunal civil de Limoges du 22 décembre 1944. Reconnu « Mort pour la France »
A Brive et à Marseille, son nom a été donné à une rue. Son nom est inscrit sur le mémorial du 9 Juin à Argenton-sur-Creuse (Indre), probablement parce que son corps a été retrouvé au même lieu, le même jour que les corps des onze otages d’Argenton fusillés le 10 juin et qu’il était à l’Etat-Major régional (R5) de l’Armée Secrète (AS).
Voir Limoges, Beaune-les-Mines, massacre du Malabre (10-12 juin 1944)
Sources

SOURCES : Archives du Centre Edmond Michelet à Brive ; avec l’aide de Françoise Germane et de Didier Boudin. — La Voix Corrézienne, août 1969. — État civil en ligne 2E_147_10 - Nespouls Naissances 1883-1902 vue 171. N° 1427 et 1427 bis du registre des décès de Limoges. — Notes de Michel Gorand. — Fiche Gen-web.

Gilbert Beaubatie

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