Né le 20.juillet 1905 à Lefaux (Pas-de-Calais), fusillé par condamnation le 5 avril 1944 à Arras (Pas-de-Calais) ; professeur de collège ; militant socialiste ; résistant dirigeant de l’OCM. 

Fils de Daniel Baudel, instituteur, et de Bléart Camille, ménagère, Pierre Baudel fut élève de l’École normale d’Arras, instituteur à Verquin (Pas-de-Calais) puis professeur de français à l’EPS d’Arras. Secrétaire de son syndicat, il était membre de la SFIO et appartenait à son aile gauche. Il était marié et père de quatre enfants. Il enseignait à Noyelles-lès-Vermelles (Pas-de-Calais) depuis 1931
Domicilié à Arras rue Séraphin Plaisant, il entra dès 1941 dans le groupe de renseignements « Grand Père » animé par Fernand Lobbedez (maire d’Arras, mort en déportation). Il diffusait le journal clandestin La Voix du Nord.
Entré à l’OCM en 1942, (sous les noms de M. Droit, puis Barrois) il assurait le recrutement des responsables locaux (sur Boulogne, Montreuil-sur-mer, Saint-Omer, Béthune, Lens) et établit des liaisons. Il fit de même avec le régional André Tempez (d’Amiens), Lefranc de Lille et Jean Delvallez de Dunkerque. Il aida les réseaux d’évasion des pilotes alliés abattus (hébergement et convoyage).
Pierre Baudel succéda à Raoul François à la direction départementale de l’OCM. Il eut des relations fréquentes avec le colonel Alfred Touny Langlois (alias Langlois) chef national de l’OCM après l’arrestation de Arthuys. Pierre Baudel et quelques amis parvinrent à démasquer Baillard, le commissaire de police de Liévin, qui avait pu s’infiltrer dans l’organisation, et renseigner l’ennemi à qui 104 noms furent fournis. Attiré dans un piège, le traître fut exécuté le 17 juillet 1943.
Recherché par la Gestapo, Pierre Baudel fut arrêté puis relâché. Il dut fuir en août 1943. Réfugié à Paris dans l’appartement clandestin de Roland Farjon, il prit ensuite, avec Dordain d’Arras, la direction de l’OCM pour la Seine-Inférieure.
Selon d’autres sources, il mit sur pied des formations UCR du département en octobre 1943 et quitta le Pas-de-Calais en novembre 1943. Il gagna Paris puis le maquis de Barro (Charente) qu’il connaissait par l’intermédiaire de Poncey, un collègue du collège d’Arras. Il fut hébergé par M. Monnereau.
La liste des résistants de l’OCM ayant été découverte chez Roland Farjon, dirigeant de la zone nord de l’organisation (arrêté à Paris le 23 octobre 1943) Pierre Baudel fut arrêté à Paris le 9.décembre 1943, avec Dordain, d’Arras et 80 autres adhérents. Pierre Baudel fut incarcéré et torturé à la prison de Fresnes puis transféré, le 19 février 1944, à Arras à la prison St Nicaise.
Au début 1944, « l’ange gardien des V1 », le service de contre-espionnage chargé exclusivement de la protection des constructions spéciales en France reprend l’affaire OCM. Pierre Baudel est alors interrogé dans les locaux de l’Abwehr d’Arras qui siège à l’Hôtel du Commerce. Dans ce lieu, sont rassemblés les principaux responsables de l’OCM : Pierre Baudel, le colonel Touny (Paris), Raoul François (Arras), François Revel et Gustave Chevalier (St-Omer), Paul Caron (Calais), André Tempez, Prarond et Bleuet (d’Amiens). Elle les confronta tour à tour avec Roland Farjon qui leur conseilla, pour, dit-il, leur éviter la torture, de tout avouer puisque la police allemande était déjà informée. Condamné à mort, le 5 avril 1944, par le tribunal du 65è corps d’armée allemand qui siège pour l’occasion à la caserne Schramm à Arras, Pierre Baudel fut fusillé, vraisemblablement le 5 avril 1944 avec onze de ses camarades résistants. Ce n’est que le 23 octobre 1944, à la suite de sondages, que les corps sans sépulture ont été retrouvés dans les fossés de la citadelle après la libération d’Arras dans une fosse commune soigneusement dissimulée par les nazis. Ils n’ont été identifiés que par des détails de leur physique ou de leurs vêtements.
Une école maternelle d’Arras porte le nom de Pierre Baudel, ainsi qu’une école primaire de Noyelles-les-Vermelles (Pas-de-Calais)
Sources

SOURCES : Arch. Dép. du Pas-de-Calais, M 5002/1. — Fonds « Fernand Lhermitte » (lacoupole@lacoupole.com). — Jean-Marie Fossier, Zone Interdite, Éditions sociales, Paris 1977, p. 265-266. — Memor, Publication Université Lille III, mars 1985, n° 4. — Gilles Perrault, La longue traque, éditions JC Lattès, Paris 1975 p. 140, 425-438. — Mairie de Le Faux. — M. Léon Fatoux, sénateur maire honoraire d’Arras. — Denis Lefebvre, Guy Mollet le mal aimé, éditions Plon, 1992, p. 54-55-56. — Roger Pannequin, Ami, si tu tombes, Paris 1976. — — Laurent Thiery, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256.

Christian Lescureux, , Laurent Thiery

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